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Le 24 April 2009 à 00:00 | mise à jour le 24 April 2009 à 22:47

Le roller est-il vraiment écologique ?

Le roller est-il vraiment écologique ?

A l'heure de la prise de conscience écologique, nous nous devions de prendre un peu de recul sur l'impact du roller sur notre environnement. Des matières premières en passant par la chaîne de production et nos chères pistes cyclables, dans quelle mesure le roller est-il un moyen de transport écologique ?

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Impact du processus de fabrication des rollers sur l'environnement

Pratique écologique ne signifie pas production écologique.
Toute activité de production humaine, quelle qu'elle soit, laisse une empreinte sur l'environnement. Rares sont les produits que nous consommons qui n'ont pas pollué à un moment ou à un autre de leur cycle de production. Le roller, au même titre que le vélo, ne fait pas exception à la règle. Remontons le cycle de production d'amont en aval avant de nous attarder sur la pratique...

Les matières premières

Comme disait Anaxagore de Clazomènes (et peut-être Lavoisier), "Rien ne se perd, rien ne se créé, tout se transforme".
La fabrication de tout produit que nous consommons résulte de la modification de matières premières extraites de l'environnement. Commençons donc par faire le tour des matières premières nécessaire à la fabrication des rollers :
  • des matières fossiles (du pétrole) intervenant dans la production des roues, de la coque, des chaussons, des platines, parfois des lacets sous différentes formes...
  • de l'aluminium et d'autres types de métaux
  • du coton (parfois mais de plus en plus rarement)
  • du bois (si si, il faut de la cellulose pour faire les cartons dans lesquels sont emballés vos patins)
Déjà, comme vous pouvez le constater, nous partons plutôt mal. Plus de 80% de nos rollers sont réalisés à partir de produits dérivés du pétrole ! On trouve mieux comme matière première écologique...
On vous épargne la débauche d'énergie et la pollution engendrée par l'extraction puis la transformation du pétrole et du métal, son acheminement vers les lieux de production...

La production à proprement parler

La transformation des matières premières en usine nécessite l'utilisation d'énergie. Si l'on considère l'électricité, elle peut être produite dans des centrales nucléaires, des centrales à charbon et autres centrales thermiques, des barrages hydroélectriques... La part des énergies renouvelable reste encore largement minoritaire (6,6% de l'énergie produite en France en 2007).
Autant dire que là encore, l'impact écologique n'est pas négligeable.
Divers produits chimiques interviennent également lors de la production :
  • des colles
  • des dissolvants
  • de l'encre, des colorants

Le transport

Une fois sorti de l'usine, vos chers rollers doivent être acheminés vers les points de vente ! En général, ils sont produits en Asie comme 80% des produits manufacturés dans le monde. Comptez donc quelques milliers de kilomètres supplémentaires en bateau qui consomment à nouveau du carburant.

Lors de l'utilisation

Après cette première étape montrant que la production d'une paire de roller n'est pas sans impact sur l'environnement, nous allons nous attaquer à notre impact lors de la pratique...

En pratique...

Au même titre que le vélo, une fois produits, les rollers ne consomment quasiment plus d'énergie. Leur impact sur la nature est alors plus limité.
A ce stade, il faut prendre en compte :
  • la consommation de pièces détachées (roues, roulements...)
  • les traces de polyuréthane laissées par l'usure des roues sur la chaussée (impact minime en comparaison avec les autres moyens de déplacement)
  • les pertes de lubrifiant des roulements lors de l'usage (très faible également)
Le gros avantage reste que c'est l'énergie humaine qui meut les patins, les rejets polluants sont donc très réduits.

Un dilemme, la surface de roulage

Le roller peut difficilement se passer du bitume pour évoluer, et c'est là l'essentiel du paradoxe : une pratique qui se veut écologique ne peut se passer d'un support polluant (ou presque).
Actuellement, de nouvelles surfaces font leur apparition sur le marché. On trouve de plus en plus d'enrobés qui ne nécessite plus l'utilisation d'hydrocarbures. De plus, ils s'useraient moins vite sous l'action des voitures. Certaines voies vertes, comme celles de Lattes à Palavas (34), sont constituées de ces nouveaux matériaux plus verts.
Quoiqu'il en soit, tant qu'une surface de roulage spécifique sera nécessaire pour le patin, des aménagements du territoire seront inéluctables, avec toutes les conséquences que cela implique sur l'environnement...
Sur ce point, le roller a donc un impact supérieur à celui du VTT par exemple.

Et côté recyclage ?

Si cette problématique n'est pas prise en compte en amont, au moment de la production des rollers, peu de pièces peuvent être recyclées. Les fabricants doivent donc réfléchir à ce paramètre lors de la conception de leurs produits... Cette tendance se développe chez des fabricants comme K2 ou Powerslide avec leurs gammes "écologiques"...

Bilan

Si le roller s'avère être un moyen de transport relativement écologique une fois produit, il reste encore un long chemin à faire pour réduire l'impact environnemental de la production et du recyclage de nos chères roulettes !

Liens utiles

Les énergies renouvelables               
L'aluminium
Le pétroleTexte : Alfathor
Photos : droits réservés
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