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Le 09 January 2009 à 00:00 | mise à jour le 17 March 2009 à 13:52

Statut du patineur : questions à Stéphane Casteran

Statut du patineur : questions à Stéphane Casteran

En mars 2008, à l'occasion de l'Assemblée Générale de la FFRS, nous avions rencontré Stéphane Casteran, l'élu en charge de la question du statut du patineur. Il nous avait tissé la trame des travaux qui avaient été lancés en collaboration avec d'autres associations d'usagers de la voie public. Nous l'avons interrogé à nouveau pour connaître l'avancement du dossier...

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Bientôt un statut du patineur ?

Bonjour Stéphane, comment fonctionne le groupe de travail chargé du dossier du statut du roller ?

En mars dernier, nous formulions des préconisations au sein du Comité Technique en charge du dossier. Ce comité technique est piloté par une structure qui dépend du ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de l'aménagement du territoire et du CERTU (Centre d'Etudes sur les Réseaux, les Transports, l'Urbanisme et les constructions publiques). Il se réunit tous les mois. Le comité de pilotage se réunit tous les 6 mois.
Tous les mois, les membres du comité se réunissent, à Lyon et dans d'autres villes, notamment pour effectuer des visites d'aménagements réalisés par des communes. Nous allons sur le terrain avec les groupes de piétons ou de cyclistes pour croiser les expériences. Les patineurs suivent le groupe des cyclistes. Cela permet aussi de montrer la réalité des déplacements en roller en ville. On constate de nombreuses similarités avec le vélo.

Nous nous étions rencontrés lors de la dernière assemblée générale pour faire le point sur le statut des patineurs : comment a évolué la situation depuis mars 2008 ?

L'année dernière, nous cherchions à créer un consensus entre les associations (cyclistes, piétons, etc.). Nous avons ensuite formulé des préconisations pour les rollers : un statut proche d'un statut hybride.
Le patineur est à mi-chemin entre un piéton et un vélo ; il a la souplesse d'un piéton (il peut aller dans les magasins, rentrer dans un bus) mais il a la vitesse d'un cycliste.
Le roller a un intérêt propre mais il représente donc une difficulté au niveau code de la rue parce qu'il a un mode de déplacement intermédiaire. D'où la difficulté d'apporter une réponse cohérente en terme de statut.
Nous avons fréquemment écho des difficultés rencontrées par les patineurs dans leurs déplacements. Les collectivités elles-mêmes interpellent le Ministère sur les problèmes de cohabitation.

Quelles actions avez-vous mis en place ?

Nous avons lancé une campagne de sensibilisation auprès des élus. Nous avons fait un courrier type à la FFRS (Fédération Française de Roller-Skating) que l'on a fait suivre aux Ligues (régions) et aux comités (départements). Il leur suffisait de mettre leur en-tête et de l'envoyer aux députés et aux autres élus locaux pour les sensibiliser au statut du patineur.
Nous avons récupéré des réponses intéressantes quel que soit le bord politique de l'élu interpelé. D'ailleurs, 17 questions écrites ont été posées par les députés et 5 par les sénateurs au gouvernement.
Comme je le disais, les réponses et les soutiens ont été actifs à modérés quel que soit le bord politique.
Cette campagne de sensibilisation a permis de mettre l'accent sur les difficultés du patineur et la nécessité d'engager une modification du code de la route. Les élus souhaitent voir cela de résolu dans les plus brefs délais. Ce besoin a l'avantage de mettre un peu de pression.

Quelles préconisations contient ce dossier ?

Le dossier propose la possibilité d'utiliser le trottoir ou la chaussée au regard de la vitesse.
Ensuite, il parle d'une limitation de la vitesse de tous les usagers sur le trottoir quels qu'ils soient : piétons ou roller.
Il propose également l'instauration du port de dispositifs rétro-réfléchissants dans la nuit en agglomération (ex : brassard, idéalement visible de l'avant de l'arrière et des côtés) ou encore le port d'un gilet réfléchissant haute visibilité la nuit et hors agglomération.
Enfin, il préconise l'interdiction du catch (le fait de s'accrocher à un véhicule), comme pour les cyclistes.

Rien sur le port du casque ?

Aucune préconisation n'est faite sur le port du casque (comme pour les vélos).

Comment vos travaux ont-ils été appréhendés par le ministère ?

Nous sommes ensuite rentrés dans une réécriture du Code de la Route pour les sections qui concernaient les rollers.
On a formulé des préconisations. En fin d'année 2008, le ministère en a pris acte. Elles ont emporté l'adhésion des participants et du CERTU qui pilote le projet.
Aujourd'hui, nous sommes un peu victimes de notre succès. Le ministère s'est rendu compte que beaucoup de moyens de locomotions naissaient, cela va des déambulateurs pour personnes âgées aux nouveaux systèmes de locomotion électriques. Le ministère réfléchit donc à profiter de l'occasion pour leur donner un statut. Il ne veut pas modifier plusieurs fois les textes et souhaite simplifier le travail en ajournant le chantier roller pour étudier des évolutions de ces moyens de déplacements naissants.

Vous ressentez donc l'impact de vos actions...

Oui. Dernièrement, nous avons lancé la seconde phase de sensibilisation des élus. Nous avons eu des réponses positives ; les clubs ont pu nouer le contact avec des élus qu'ils n'avaient pas auparavant. C'est important pour apprendre à se connaître.
Cette seconde phase sert à maintenir la pression et les clubs peuvent continuer à maintenir le contact avec les élus. On invite les clubs, comités, ligues à se rapprocher des élus, à informer les nouveaux élus qui ont changé depuis les municipales et les cantonales de leur existence et de leurs actions.
Voilà le chantier engagé. Nous continuons notre travail sur le Code. Les avancées sont positives.
Nous restons vigilants. Nous avons attendu 10 ans pour voir émerger un statut pour les patineurs, il ne faudrait pas que d'autres pratiques attendent 10 ans à leur tour... mais nous ne voulons pas non plus devenir une catégorie fourre-tout avec des modes de déplacements très divers dans leur capacité, dans leur encombrement. Nous ne voulons pas tomber dans quelque chose d'insoluble et rester sur un constat d'échec.
Par exemple, si l'on prend le cas d'une trottinette, elle peut se déplacer sur un trottoir mais on la voit mal se déplacer sur la chaussée. Elle est plus destiné aux enfants.
C'est quand même une satisfaction car cela va nous permettre de réfléchir à la question du skate qui devait être traité dans une second temps. Les modes de déplacement sont assez différents.

Quand passera-t-on à des textes de lois votés ?

Normalement, en juin prochain, les préconisations seront examinées et le ministère prendra une décision. Nous espérons que notre travail sera suivi. Ensuite, ça peut aller vite. Les textes nécessitent un passage en décret en Conseil d'Etat. On peut espérer voir naître un véritable statut du patineur en septembre 2009.

Mots clés

CERTU : Centre d'Etudes sur les Réseaux, les Transports, l'Urbanisme et les constructions publiques. Il est chargé de conduire des études dans le domaine des réseaux urbains, des transports, de l'urbanisme et des constructions publiques, pour le compte de l'État ou au bénéfice des collectivités locales, établissements publics ou entreprises chargés de missions de service public ou des professions en cause.

FFRS : Fédération Française de Roller-Skating.

Liens utiles

Site du CERTU
Site de l'association AIR (Attention Inertie Renouvelable) dont Stéphane Casteran est le président
Les droits et les devoirs des patineurs (site de l'association AIR)
Calculez votre temps de trajet à Bordeaux (site de l'association AIR)
Interview vidéo de Stéphane Casteran sur ReL - 29 mars 2008Texte : Alfathor
Photos : droits réservés
Merci à Stéphane Casteran
Mis en ligne  le 09 January 2009 - Lu 5252 fois


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