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Le 20 September 2008 à 00:00 | mise à jour le 04 January 2009 à 18:56

Chuncheon Leisure Games 2008

Chuncheon Leisure Games 2008

ReL vous propose un « petit » compte-rendu de l'événement de Chuncheon (Corée), où se sont déroulées les 6 et 7 septembre derniers, les épreuves de slalom des International Leisure Games 2008. Le slalom, entre autres sports (Danse sportive, B-Boys battle, ULM, etc.), fait partie de ce qui n'est, d'après le discours des officiels du vendredi soir, qu'une répétition pour le coup d'envoi des Leisure Games de 2010...

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Prélude

Le vendredi soir, nous avons donc eu droit à la cérémonie d'ouverture, avec des gens très importants qui ont parlé en coréen sur une énorme scène pendant très longtemps.
Heureusement qu'il y avait deux écrans géants qui projetaient la traduction en anglais simultanément, sinon cela aurait été intenable.
S'en est suivi un méga-feu d'artifice qui a aussi duré très longtemps, mais en musique avec une méga-sono, c'était grandiose ! Après on a eu droit à des projections de présentation des Leisure Games sur les sus-mentionnés écrans géants. Encore après, ça a été le concert de percussions... « sont vraiment forts ces coréens » puis le spectacle de danse en mode Fame, version R'n B. Sympa aussi mais on est parti en plein milieu pour aller se sustenter.

Programme

La compétition est comme très souvent prévue sur deux jours. Au programme du samedi : les qualifications de speed slalom en temps pur pour les femmes et les hommes, et le battle freestyle.

Réunion de nations

La compétition a commencé tranquillement vers 13h00 - comme prévu. On a donc eu le temps de faire la grass'mat', et d'aller tous ensemble en patin du Motel, dans lequel tous les compétiteurs étaient logés, jusqu'au lieu de la compétition. Dans le motel, il y avait un sacré melting-pot coréano-singapourio-franco-thaïlando-taïwano-américano-australo-anglo-chinois... ambiance, ambiance ! En fait, ça se mélangeait surtout pour faire des parties de Nintendo DS en réseau.

Qualifications de Speed Slalom

Donc la compétition a commencé par les qualifications de speed féminin à 13h00. Sur un sol que nous qualifierons à l'unanimité de « très glissant ». Et c'est d'autant plus rageant lorsqu'après au moins une bonne demi-seconde d'investigations, on se rend compte que le sol en-dessous du puzzle en plastique qui nous sert d'aire de compétition, est en ciment parfaitement lisse. Mais ça n'est pas la première compétition organisée sur ce sol-là, et il est donc difficile de protester avec trop d'insistance.
Pour le speed, une grosse moitié des rideuses était coréenne, l'autre moitié était plus éclectique avec deux taiwanaises, une chinoise (Chen Chen, #5 WSSA), une anglaise (Naomi Grigg, #3), et une française (Chloé Seyrès, #1 - i.e. moi-même, pour vous servir).
Les runs étaient en départ libre : le chrono se déclenche lorsque la rideuse franchit la ligne de départ. A l'issue des deux runs, c'est Chloé Seyrès (FRA) qui est en tête avec les deux meilleurs chronos - dont le deuxième à 5'19 : Record du monde WSSA. Chen Chen (CHN) se classe deuxième avec son premier run en 5'67, puis Jong Jae Won (KOR) et Chia Chi (TWN) finissent troisième et quatrième avec des chronos respectivement de 6'16 et 6'31. Seules les quatre premières sont qualifiées pour la finale qui aura lieu dimanche.
Chez les hommes, ils étaient 30. Seuls les huit premiers ont été retenus pour le lendemain. Le meilleur temps (5'11) est réalisé par Yu Jin Sung (KOR, #20 en speed WSSA) talonné de près par Wang Heng (CHN, #2) avec 5'14, lui-même talonné de quasiment aussi près par Sébastien Laffargue (FRA, #3) avec 5'19. Les trois suivants - Guo Fang (CHN, #1), Ping Kai (TWN) et Igor Cheremetieff (FRA) - tapent dans les 5'3. Et les deux derniers chronos retenus (dans les 5'5) sont ceux de Jia Hong (TWN) et de Kim Joo Young (KOR).
La glissitude du sol (ça, ça changera pas : j'invente des mots si je veux) génère deux points embêtants : le premier pendant la course d'élan où on a tendance à partir en dérapage incontrôlé, le second pendant le slalom lui-même où on ne peut que se contenter de la vitesse de lancement - impossible de prendre appui pour accélérer.

Battle Freestyle Féminin

Ensuite, est arrivé le temps des battles (pas des cerises, je vous vois venir). Là aussi le sol glissant gêne un peu : outre quelques chutes, beaucoup de riders appréhendent les tricks un peu engagés qui nécessitent une certaine réponse du sol.
Le Battle était à titre de démonstration cette année sur cette compétition WSSA. Le jury, bien que formé de riders expérimentés (dont Kim Tae Hong, de retour dans sa Corée natale après un petit épisode a Londres), a été informé sur le tas des démarches de notation. Néanmoins les résultats sont restés logiques et cohérents. Le battle sera noté Un Cone (Statut « Basic ») dans le circuit WSSA, étant donné son statut de simple démonstration, mais pourtant avec un plateau exceptionnel.
Le battle femmes pour commencer... petit apéritif un peu maigre avec seulement six compétitrices - huit inscrites, mais deux ont du déclarer forfait au dernier moment. C'est nul, surtout quand c'est sur ma poule que ça tombe ! Du coup la première poule de demi-finale était composée de Chloé Seyrès (FRA, #1 WSSA) et Jeon Jae Wong (KOR) - qui sont donc d'office qualifiées pour la finale...
La deuxième demi-finale est plus étoffée et du coup plus intéressante point de vue challenge sportif : elle comprend Chen Chen (CHN, #2), Naomi Grigg (UK, #3), Chia Chi (TWN), et Lee Ji Hee (KOR). Chen Chen est largement au-dessus du reste et se qualifie en finale sans se fatiguer... en faisant ses gammes : une ligne de wheelings par-ci, une autre de cafetière par-là, une ligne de toupies coréennes, des pas de style pour fluidifier le tout... on sent que ça n'est que l'échauffement. La deuxième place de la poule est attribuée à Lee Ji Hee. Cela peut être discutable car elle et Naomi Grigg se sont tiré la bourre les trois runs durant. Lee Ji Hee a proposé des tricks un peu plus techniques que Naomi, mais Naomi était au-dessus en aisance. Le jury a tranché, la décision est irrévocable.
En finale, Chloé Seyrès (FRA) et Chen Chen (CHN) se battent sévèrement pour la première place. C'est là que Chen Chen se lâche vraiment : sevens ultra-rapides, heel specials one foot, retournés de wheelings (‘faut absolument qu'elle arrête les Frosties le matin). Même pas peur, Chloé Seyrès sort l'artillerie lourde (dans la mesure du disponible sur sol glissant) et se défend à coup de kicks, toupies, wheelings, et figures assises. Quant aux deux coréennes Jeong Jae Won et Lee Ji Hee, elles ne dérogent pas au style typiquement coréen tout en petits pas stylés. Après les trois runs, il reste le last trick : une kasatchoc sur les 20 plots du 80, retournée sur le dernier plots pour repartir en arrière sur quelques plots, pour Chloé Seyrès ; et un butterfly sur 5 plots du 120 pour Chen Chen.
Au final, le jury donne Chen Chen première, Chloé Seyrès seconde, Jeong Jae Won troisième, et Lee Ji Hee quatrième.

Résultats du Battle Freestyle Women

Chen Chen (CHN)
Chloé Seyrès (FRA)
Jeon Jae Wong (KOR)
Lee Ji Hee (KOR)

Battle Freestyle Masculin

Le battle hommes ensuite... là c'est une autre paire de manches : ils ne sont peut-être que 20, mais ce sont tous des tueurs professionnels de freestyle. Pour en citer quelques uns : Igor Cheremetieff (FRA, #1 WSSA), Guo Fang (CHN, #2), Wang Heng (CHN, #5), Bao Hui (CHN, #6), Yu Jin Sung (KOR, #9), Lin En Ning (CHN, #13), les frères Cheung (SIN, Clarence #16 et Terence #19)... Tous, quasiment sans exception, sont passés maîtres dans l'art du toe spin à rallonge, du seven ultra-rapide (toe ou heel), et des moves de freestyle tout en souplesse et légèreté. A chaque groupe, la décision du passage est un casse-tête... et ceci est valable dès les huitièmes de finales.
En quarts, l'épuration est sévère : exit les frères Cheung (Sin), Bao Hui (Chn), John Stanning (AUS - qui continue son tour du monde, cf. Battle US et Battle Warsaw), et Yiu Jia Hong (Twn).

Demi-finales

La première demi-finale regroupe trois coréens (Kim Tae Bin (#41), Lee Jong Suk (#300), et Lee Chung Gon) et un chinois (Lin En Nin). Lee Jong Suk, sorti de nulle-part (enfin, si : de la 300ème place du World Ranking... inconnu au bataillon) continue son petit chemin et termine 1er de sa poule, sans contestation. Lin En Nin finit 4ème et est éliminé. Quant à Kim Tae Bin et Lee Chung Gon, ils se battent dans un ultime last trick : Lee Chung Gon attaque en premier avec un seven impérial fini par une toupie sur les pointes interminable avec relances de bras. Kim Tae Bin - qui maîtrise tout autant dans ce même panel de figures relève le défi et présente la même chose... mais quelques déséquilibres qui l'empêchent de relancer sa toupie finale proprement lui coûtent son passage en finale, offrant la 2ème place à Lee Chung Gon.
La deuxième demi-finale est encore plus serrée, avec Igor Cheremetieff (FRA), Yu Jin Sung (KOR), et les inséparables Wang Heng (CHN) et Guo Fang (CHN). Wang Heng termine premier, Yu Jin Sung quatrième... et encore la même hésitation quant à la distribution des deuxième et troisième places... Il est vrai que Guo Fang a présenté des tricks d'une haute technicité (seven to... seven dans l'autre sens... ah d'accord : le premier sur 7 plots c'était son switch !?) mais qu'il était souvent hors des plots. Quant à Igor Cheremetieff, il n'est pas non plus à 100% de réussite, mais la variété des tricks qu'il propose lui permet de gagner son ticket pour la finale en se classant 2ème.

Finales

La finale. Pour changer, la crème des psychotiques du one-wheel : Lee Jong Suk (KOR), Lee Chung Gon (KOR), Wang Heng (CHN), et Igor Cheremetieff (FRA). Les finalistes choisissent leur ordre de passage les uns après les autres en fonction de leur World Ranking. Igor Cheremetieff décide de passer en premier, Wang Heng en quatrième, Chung Gon en troisième, et Lee Jong Suk se retrouve avec la deuxième place de passage. Bien souvent, on discerne des mini-batailles internes dans les groupes entre les riders. Or là, il s'agit d'un grand massacre général, car les quatre prétendent à la première place ! Igor Cheremetieff se démarque par son style tout en puissance, contrairement aux autres qui jouent sur la légèreté. Est-ce pour autant suffisant ? Il joue des kicks, et des figures assises (gros point fort face à des adversaires asiatiques qui patinent sans spoiler) - mais il joue également dans le même domaine que les autres avec sevens et toe wipers. Wang Heng impressionne par sa dextérité, et reste régulier sur ses prestations depuis le début du battle - notons une très légère baisse de son taux de réussite. Lee Chung Gon et Lee Jong Suk sont tout aussi présents. Le last trick risque d'être déterminant : Igor Cheremetieff tente (deux fois sans la réussite escomptée) un wheeling-le-plus-long avec un seul patin (le pied libre... à l'air libre en chaussette) et passe les 20 plots du 80 sur son deuxième essai en reposant sur le demi-tour de fin de parcours. Lee Chung Gon passe un joli Toe seven sur les 10 plots du 80, terminé par la même toupie relancée qui lui a permis sa qualification en finale. Lee Jong Suk joue aussi sur les 10 plots avec une toupie coréenne à mach-12 finie avec un heel spin en bout de ligne. Enfin Wang Heng, toujours sur ces mêmes 10 plots, enchaîne trois plots en heel seven externe arrière avec une maîtrise déconcertante.
Le last trick est sans aucun doute déterminant ! Il propulse notre illustre inconnu Lee Jong Suk à la première place, recale Igor Cheremetieff et Wang Heng respectivement aux deuxième et troisième places, et donne la quatrième place à Lee Chung Gon.

Résultats du Battle Freestyle Men

Lee Jong Suk (KOR)
Igor Cheremetieff (FRA)
Wang Heng (CHN)
Lee Chung Gon (KOR)

Nous finissons tous au restaurant, booké par l'organisation, avant de rejoindre le Motel en traînant la patte (on n'est pas fatiguééé - mais quand-même un peu).

KO Systems de Speed Slalom

Le dimanche matin, un car nous attendait à 9h00 pétantes devant le motel pour tous nous emmener sur le spot de la compétition.
Ce sont les femmes qui ont commencé avec les KO systems de speed slalom.
Bonne surprise : l'organisation décide finalement de garder les 8 premiers temps.
Le tableau est chamboulé par une qualification de dernière minute : celle de Sin Eun Young (KOR), qui n'avait pas pu se présenter la veille, et qui réalise un chrono en 5'88. Elle s'intercale ainsi à la troisième place du classement.
Les quarts de finales se déroulent sans surprise : les favorites (i.e. les 4 premières des qualifications) passent.
De même pour les demi-finales : les deux premières (Chloé Seyrès (FRA) et Chen Chen (CHN)) gagnent leurs KOs respectivement contre Jong Jae Won (Kor) et Sin Eun Young (KOR).
La petite finale est vite pliée : Jong Jae Won renverse 3 plots sur son premier passage, et strike sur son deuxième. C'est donc Sin Eun Young (KOR) qui remporte la petite finale, et la 3ème place.
La finale est plus serrée. En vitesse pure, Chloé Seyrès est plus rapide. Pourtant, lors de la première manche, elle décale trois plots et offre la manche à Chen Chen. Elle égalise sur la deuxième manche. Quant à la troisième manche, C.Seyrès mène tout le long mais a un bref moment de déconcentration qui va s'avérer fatal : en se reconcentrant, elle touche le 3ème plot avant la fin... la pénalité de 0.2' la recale à 3 centièmes derrière Chen Chen, qui s'empare ainsi de la première place.

Résultats du Speed Slalom Women

Chen Chen (CHN)
Chloé Seyrès (FRA)
Sin Eun Young (KOR)
Jong Jae Won (KOR)

Les hommes enchaînent avec leurs quarts de finales

Comme chez les femmes, aucune surprise en quarts : les favoris remportent leurs rounds. Les deux demi-finales opposent d'un côté Yu Jin Sung (KOR) (premier des qualifications) à Guo Fang (CHN), de l'autre Sébastien Laffargue (FRA) à Wang Heng (CHN).
Dans la première demi-finale, Yu Jin Sung strike deux runs sur les trois ; dans la seconde, Sébastien Laffargue strike sur son premier run, et fait deux pénalités sur son deuxième. Ils se retrouvent tous les deux en petite finale, laissant la vraie finale aux deux chinois Guo Fang et Wang Heng. S.Laffargue remporte la petite finale en deux manches sèches, aidé par Yu Jin Sung qui cumule les erreurs (3 plots au premier run, et un strike au deuxième). [nb : rappelons qu'un strike, selon la définition WSSA, correspond à plus de 4 plots chutés. Au-delà de 4 plots, le run n'est pas pris en compte.]
La finale offre un spectacle plus intéressant : la première manche est remportée par Wang Heng qui reste devant malgré un plot chuté ; la seconde revient à Guo Fang qui passe à la vitesse supérieure tout en assurant un perfect, contrairement à Wang Heng (deux pénalités) ; et la troisième manche est finalement remportée par Wang Heng qui accélère un petit coup (5'18) et s'applique (perfect) : Guo Fang est derrière, qui plus est avec deux pénalités.

Résultats du Speed Slalom Men

Wang Heng (CHN)
Guo Fang (CHN)
Sébastien Laffargue (FRA)
Yu Jin Sung (KOR)

Jam Freestyle

L'épreuve suivante est le Jam Freestyle (duo). Discipline peu développée en Europe - où elle apparaît timidement quelques fois à titre de simple démonstration - elle l'est incomparablement plus en Asie. Elle fait partie des « Classics » officiels au même titre que le speed ou le freestyle individuel.
Cette fois-ci, il n'y avait que 6 équipes - heureusement, Quantité n'est pas synonyme de Qualité... et la qualité était au rendez-vous ! Entre les frères Cheung (KOR), Guo Fang et Lin En Ning (CHN), Kim Tae Bin et Yu Jin Sung (KOR), Sin Eun Young et Kim Min Hyo (KOR)... même Naomi Grigg (UK) et John Stanning (AUS) se sont prêtés au jeu.
Les duos sont en grande partie constitués de combos de pas dansés réalisés en synchro ou en miroir, et prêtent particulièrement attention au calage en musique. Cela n'empêche pas non plus, bien entendu, de balancer des gros tricks (sevens en synchro avec la même sortie travaillée). Le jam des gagnants (les coréens Kim Tae Bin et Yu Jin Sung) était non seulement très bien réalisé (synchonicité, certes quelques plots chutés mais pas en abondance non plus) mais aussi particulièrement original avec des jumpings d'une ligne de slalom à l'autre tout en conservant la synchro... Les deuxièmes sont les chinois Guo Fang et Lin En Ning - on déplore un trop grand nombre de plots chutés. La troisième place revient au jam mixte Sin Eun Young et Kim Min Hyo, moins rapide et moins technique que les deux premiers.

Freestyle Individuel Feminin

Pas de répit pour le jury : on enchaîne directement avec le freestyle individuel féminin. Il y a 5 juges pour noter le style individuel. Pour faire simple : chacun donne une note globale, la note la plus basse et la plus haute sont éliminées, on fait la somme des trois du milieu, on divise par deux et on retire les pénalités. Les notes sont données immédiatement après le passage du (de la) rideur(se).
Les femmes passent selon l'ordre d'inscription. Elles sont 12. Ce sont les premières à passer qui tirent leur épingle du jeu : dans les 4 premières se trouvent les trois qui figureront sur le podium : Naomi Grigg (UK, dossard No.2, #5 World Ranking WSSA), Chloé Seyrès (FRA, dossard No.3, #1 WSSA), et Chen Chen (CHN, dossard No.4, #3 WSSA). Les trois présentent des runs en moyenne réussis, et fidèles à leur patinage : N.Grigg (3ème place du podium) mise sur le style aux dépends de la technique pure, avec un résultat final très smooth et maîtrisé ; C.Seyrès (2ème place) passe un run propre - bien que légèrement réservé car les prises de carre sur sol glissant s'avèrent vraiment hasardeuses ; quant à C.Chen (1ère place... eh oui, elle fait le triplé carton plein avec le speed et le battle !) elle présente un run quasiment sans faute - un heel special one foot qui ne passe pas, et une hésitation sur un jump-effet-de-style - en perfect de plots, avec la happy face qui la caractérise. Les 4ème et 5ème, Jeon Jae Wong (KOR) et Sin Eun Young (KOR), talonnent de près N.Grigg mais trop d'erreurs de plots leur coûtent le podium.

Vidéos

Run de Chen Chen
Run de Chloé Seyrès
Run de Naomi Grigg

Résultats du Freestyle Individuel Féminin

Chen Chen (CHN)
Chloé Seyrès (FRA)
Naomi Grigg (UK)

Démonstration de Slides

En guise de petite pause, une démo est proposée par le Team Slide de Singapour. Des slides, tenus, plus ou moins compliqués, mais toujours très visuels (même la position des bras est étudiée pour le show) ; en single, en duo, en croisés, tout y passe ; avec ou sans préparation (mouvement de lancement). En résumé : une démo de qualité par un team soudé et plein d'entrain.

Freestyle Individuel Masculin : les forces en présence

Et c'est reparti pour la suite de la compétition : le freestyle individuel masculin. 37 riders. Principalement des asiatiques : des coréens (Yu Jin Sung (#9), Lee Chung Gon (#270), Lee Joung Suk (#166), Kim Tae Bin (#41)...), des chinois (Guo Fang (#2), Wang Heng (#5), Lin En Ning (#13), Bao Hui (#6)...), des singapouriens (Clarence (#16) et Terence (#19) Cheung), des taiwanais, des thailandais. Par contre, on n'avait même pas besoin de tous les doigts d'une main pour compter les non-asiatiques : Igor Cheremetieff (FRA, #1), Sébastien Laffargue (FRA, #17), Jeremy LaCivita (US, #56), et John Stanning (AUS, #57). Certains pourront se poser la question : où est Kim Sung Jin ? Il est pourtant à domicile, en Corée !? ...et puisque la remarque est pertinente, j'y réponds volontiers : il était bien là... pour encourager ses potes, et papoter avec les gens. Pourquoi n'était-il que spectateur ? Le petit génie avant-gardiste du freestyle (qui commence à devenir grand à force d'être petit) se met en année sabbatique de compétitions pour se consacrer à ses études (il a l'équivalent du Bac à la fin de l'année).

La compétition

A présent que les principaux acteurs de la compétition de freestyle ont été nommés, voyons comment les classer. Si on se base sur la réputation, il y a les freestyle-twins Guo Fang et Wang Heng (CHN) qui devraient assurer le spectacle, Igor Cheremetieff (FRA) qui a intérêt à tout miser sur la différence (de patinage) pour sortir du lot, Yu Jin Sung et Kim Tae Bin (KOR) les potes de session de Kim Sung Jin (cette précision a pour but de situer le niveau des deux amis - qui ont remporté le jam plus tôt dans l'après-midi). Un cran en-dessous, on retrouve Lin En Ning (CHN) le dieu du style (appréciation complètement subjective que j'assume entièrement) et Bao Hui (CHN) : leurs styles respectifs fourmillent de petits pas particulièrement originaux, feintés, sautés ; on sent également une grosse réflexion en amont sur le placement des bras. On retrouve aussi les frères Cheung (SIN) ainsi que Lee Chung Gon (KOR - 3ème à Anyang la semaine précédente, juste derrière Yu Jin Sung et Kim Tae Bin) qui peuvent très vraisemblablement aller mettre leur grain de sel dans les top-classements.
Au final, c'est Yu Jin Sung (KOR) qui remporte l'épreuve de freestyle individuel, avec un run en perfect de plots, sur lequel il n'y a pas grand-chose à redire : c'est propre, calé, très agréable à regarder (hormis une pseudo-cafetière pas très heureuse : i.e. pas descendue du tout) avec de jolis spins et des combos enchaînés judicieusement. Pour une fois que le mister réussit son run - parce qu'en compétitions nationales, il se traîne une malédiction chronique de ratage de run.
A la deuxième place (pour un demi petit point), nous retrouvons Guo Fang (CHN), presque en perfect de plots aussi (il en fait tomber un en sortie de 50 sur son toe whiper sauté) - il est à mon avis un peu juste en quantité de tricks proposés (trop de pas de danse), ce que je trouve ultra-rageant d'un point de vue de spectatrice quand je sais qu'il peut envoyer des tricks ultra-difficiles avec un taux de réussite ultra-élevé (cf. ses performances en battle).
Les troisième, quatrième et cinquième places tiennent dans un demi point, elles aussi (à un pauvre point de différence des deux premières places). Elles sont attribuées respectivement à Bao Hui (CHN), Kim Jong Hwa (KOR), et Igor Cheremetieff (FRA). Bao Hui réalise une belle performance générale, hormis pendant les pics techniques de son run : il fait un beau strike de trois plots sur son toe whiper en sortie de 50, est à côté des plots pour son toe seven en sortie de 80 (et il arrive malgré ça à faire tomber un plot), et sa dernière figure technique (heel special one foot en fin de 80) passe avec difficulté.
Kim Jong Hwa réussit une belle performance, pour son come back, avec une vraie kasatchoc sur le 80 (assez rare en Asie pour le souligner), des retournés de wheelings (front-back et back-front), bref : un run consistant et bien construit.
Igor Cheremetieff place un run hautement technique en enchaînant les tricks en force. Ce sont indéniablement les quatre plots qu'il reverse et bien probablement son calage approximatif sur la musique (élément capital pour le jugement) qui l'empêchent d'accéder au podium. A part un retourné de wheeling sur le 50 et un toe seven qui ne passent pas, tout le reste rentre (sevens heel front et back, compas et toupies, wheelings et autres bizarreries techniques). Wang Heng passe à côté de son run en faisant tomber trop de plots pour pouvoir accéder au top-five et finit à la 6ème place. Ce qui est bien mais pas top pour cet habitué des podiums. Lee Chung Gon et Lin En Ning non plus ne font pas des performances extraordinaires (même problème de plots chutés), ce qui les relègue aux 7ème et 11ème places. Les frères Cheung finissent dans le mou du classement (Terence 14ème et Clarence 21ème). Kim Tae Bin, pourtant un des favoris, rate : il chute sur sa première figure. Bien qu'il se rattrape sur le reste de son run, l'impression générale prend un coup fatal et il termine 13ème du classement.

Vidéos

Run de Yu Jin Sung
Run de Guo Fang
Run de Bao Hui
Run de Kim Jong Hwa

Résultats du Freestyle Individuel Masculin

Yu Jin Sung
Guo Fang
Bao Hui

Clôture de la compétition

Il y a eu un petit temps mort entre la fin des épreuves et les podiums : ils étaient prévus pour 17h00, et on devait attendre l'arrivée des officiels.
Les trois premiers de toutes les catégories ont eu droit à des prize money - plus ou moins importants selon les épreuves.
Dans l'ensemble ce fut une compétition riche et complète : toutes les disciplines du slalom ont fait l'objet d'une épreuve. Pour une première répétition générale du coup d'envoi de 2010, ça s'avère, dans l'ensemble, plutôt prometteur.
Rendez-vous l'année prochaine pour la deuxième édition !

Classement WSSA

A l'issue de cette compétition Main des World Series, le classement mondial se trouve modifié. Le principal changement est l'accession de Chen Chen (CHN) à la place de #1 mondiale en freestyle slalom féminin (au dépends de Chloé Seyrès), et de #2 en Speed Slalom. Naomi Grigg (UK), grâce à sa performance, passe devant Shin Eun Young (KOR) à la 4ème place mondiale. Quant à Shin Eun Young, elle accède au top 10 en freestyle et à la 6ème place en speed slalom.
Du côte des hommes, l'absence de Kim Sung Jin (KOR) (qui perd alors les points acquis l'année passée à Jeon-Ju) l'éjecte du top 10 et offre à Rudy Op't Veld (GER - absent à Chuncheon) le 2ème rang mondial. Yu Jin Sung (KOR), le grand gagnant de ce week-end, gagne 3 places et devient #6 mondial. Bonne opération également pour Lin En Ning (CHN) qui, malgré un résultat moyen, atteint la 7ème place mondiale, place occupée jusque là par Xuan Le (FRA), absent, qui se voit recalé à la 8ème place.
Au classement du speed slalom, Lan Wang Heng (CHN), grâce à sa victoire, s'empare de la place de #1 mondial, attribuée précédemment à Guo Fang (CHN), qui lui perd deux places (1er l'an passé à Jeon-Ju). Cela permet à Sébastien Laffargue (FRA) de gagner une place et de se hisser au 2ème rang mondial. Igor Cheremetieff (FRA) prend la 4ème place aux dépends de JB Milleret (FRA). On note aussi la dégringolade de Yu Da Jin (KOR), absent, qui sort du top 10 laissant entrer l'allemand Christian Stelzer à la 10ème place.

Les deux prochaines épreuves décisives pour le World Ranking seront Battle UK III, les 11 et 12 Octobre à Nottingham (Angleterre), et le Championnat d'Asie à Haining en Chine les 14 et 15 Octobre.

Liens utiles

Site des International Leisure Games
Site des World Slalom Series
Résultats complets
Site de l'association coréenne de freestyleTexte : Chloé Seyrès
Photos : droits réservés
Mis en ligne  le 20 September 2008 - Lu 3388 fois


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