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Le 16 September 2008 à 00:00 | mise à jour le 17 September 2008 à 08:45

Mondial de Gijon : le marathon clôt la compétition

Mondial de Gijon : le marathon clôt la compétition

Le marathon a donc clos les championnats du monde de vitesse de Gijon (Espagne) le vendredi 12 septembre. Les coureurs ont bénéficié d'une journée de repos supplémentaire par rapport au programme normal (dans la continuité des épreuves sur route). Cela permettait de grouper la mise en place de l'organisation avec celle de l'arrivée d'une étape de la Vuelta cycliste le samedi après-midi...

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Ultime médaille française pour Julien Levrard

Le tracé

Ce fut ainsi un marathon disputé dans un cadre agréable, le long de la promenade de la plage et en plein centre ville, avec un accès très facile pour les piétons tout au long du parcours. Il se composait d'une boucle aller-retour d'un peu plus de trois kilomètres, conduisant à un total de treize tours et demi pour atteindre la distance du marathon. Il n'y avait pas de difficultés particulières, c'était un aller-retour sur deux grandes lignes droites raccordées par une légère courbe, avec un demi-tour à chaque extrémité.
L'arrivée était à l'issue de 300 m de ligne droite, après la courbe en légère montée dans ce sens (2-3 mètres de dénivelé total).

Plus de patineurs sur marathon

Dans toutes les courses la décision sera faite à l'entrée de la ligne droite (les 300 m).
Alors que dans toutes les autres courses les équipes sont limitées à deux coureurs par nationalité, il est autorisé jusqu'à 8 coureurs pour le marathon. Beaucoup d'équipes avaient choisi de faire participer au marathon leurs coureurs en WIC. On vit ainsi Cecilia Baena, Alexandra Vivas, Giovanna Turchiarelli, Diego Rosero, Peter Michael... et bien sûr les deux français Julien Levrard et Mathieu Boher.

Seniors hommes : les favoris se neutralisent, et l'argent pour Julien Levrard !

Records de participation battus ! Le speaker annonce 130 coureurs et 60 pays pour ce marathon.
Dès le premier tour, Yann Guyader se porte en tête avec trois français, puis le peloton s'étire, ça se calme devant. Le coureur pakistanais est le premier lâché et le premier applaudi.
Au passage à 9 tours de l'arrivée l'espagnol Garikoitz Lerga attaque avec Fabio Francolini et montre le maillot à son public.
A 8 tours, un petit groupe a quelques dizaines de mètres d'avance, les français y sont représentés par Mathieu Boher, rejoint bientôt par Nicolas Pelloquin. On voit Yann Guyader faire l'effort pour revenir, ça se regroupe à 7 tours, ça réaccélère.
Les choses sérieuses commencent à 6 tours de l'arrivée lorsque les néo-zélandais mettent en place leur tactique. D'abord un petit groupe de trois avec Daniel Nation et le colombien Diego Rosero, puis à 5,5 tours la machine néo-zélandaise est lancée, ils seront désormais toujours deux devant jusqu'à deux tours de l'arrivée.
Dans le groupe, à 5,5 tours, on note le néo-zélandais Rayon Kay, le français Julien Levrard, l'italien Claudio Naselli. Contrairement aux français, les italiens ne feront pas ensuite l'effort d'avoir toujours un homme devant, ni non plus les colombiens.
A 5 tours les deux néo-zélandais annoncés par le speaker dans le groupe de tête sont Kalon Dobbin et Peter Michael.
A 4,5 tours le peloton est très étiré mais ne bouche pas le trou, à 4 tours la course est pliée sans que personne ne s'en doute encore : le groupe de tête, qui n'a que quelques dizaines de mètres d'avance, si faciles à combler sur ce circuit, comprend deux néo-zélandais, Shane Dobbin et Daniel Nation, deux argentins, Sergio Ali (ou Alia, selon les documents ?) et Guillermo Servian, et Julien Levrard. Yann Guyader est alors en milieu de peloton.
A 3 tours, l'avance a augmenté et atteint une centaine de mètres. Joey Mantia, les italiens, les colombiens, les français se surveillent mutuellement et se désintéressent de l'échappée, qui il est vrai pourrait encore être très facilement rattrapée par n'importe quelle équipe.
A 2,5 tours l'avance des échappés est montée à 25 s, environ 200 m, les italiens sont en tête de peloton mais plus pour le contrôler que pour faire l'effort vis-à-vis de l'échappée.
A deux tours ils ne sont plus que trois devant, Daniel Nation et Guillermo Servian n'y sont plus, ils ne peuvent plus continuer à aider leurs équipiers. Il reste Shane Dobbin, Julien Levrard, et Sergio Ali. Ce dernier, qui a sagement décidé que pour lui il valait mieux le bronze que rien du tout, et qui doit connaître les qualités de finisseurs de Shane et Julien, sera très utile à l'échappée car il roulera sans hésitations quand les deux autres se surveilleront.
A ce moment, à deux tours, Joey Mantia et les italiens se regardent. Yann Guyader hésite, veut accélérer, il est piégé car il est certain que Joey Mantia le suivra alors que la présence de Julien devant donne une forte probabilité de médaille d'argent. Il accélère un moment, Joey Mantia se rapproche effectivement.
A un tour, l'attitude du peloton lui enlève toute chance d'une décision dans un sprint massif : la tête de peloton ralentit, se marque, Yann est descendu en milieu de peloton, Joey Mantia et les italiens aussi. A un demi-tour de l'arrivée c'est toujours l'argentin qui emmène l'échappée, personne ne roule dans le peloton, l'écart est de l'ordre de 500 m. Joey Mantia décide d'y aller seul, bien trop tard, il coupe son effort.
Shane Dobbin passe en tête en sortie de courbe montante à 300 m de l'arrivée, louvoie pour que Julien ne puisse pas prendre sa roue, et l'emporte. L'argentin Sergio Alia ne dispute pas le sprint et emporte une médaille de bronze pour laquelle il a beaucoup travaillé.
Les favoris, dégoûtés par la tournure des évènements, ne disputent pas le sprint du peloton.

Seniors dames : les colombiennes contrôlent

La course est contrôlée principalement par l'équipe colombienne. Dans le dernier tour, on remarque les allemandes qui se placent. Liana Holguin sort en tête de la courbe montante à 300 m devant Sabine Berg et Giovanna Turchiarelli, la ligne droite ne change rien aux positions.
Aurélie Duchemin est 13ème, Justine Halbout 33ème, Cindy Etonno 36ème, Laetitia Lebihan 46ème.

Juniors hommes : un belge peut en cacher un autre

Comme à Cali, les juniors italiens se sont trompés de tactique et n'ont pas mis à profit leur supériorité collective. Là l'erreur était de tout focaliser sur Bart Swings...
Cette course commence à s'animer à 8 tours. Un italien prend 30 m, les colombiens accélèrent, le peloton explose. Pierre Laurent, qui cette année n'a pas un entraînement de fondeur, est lâché.
A 7 tours de l'arrivée Nolan Beddiaf commence à être en difficulté, il reviendra quand le peloton ralentira puis lâchera bientôt. Le seul français dans le peloton à l'arrivée sera Elton De Souza.
Les suisses se montrent, les italiens et les colombiens prennent le relais en tête, la pluie arrive à 5 tours de l'arrivée.
Ralentissement, le sprinter colombien Pedro Causil est en tête à 4 tours.
Une accélération de Bart Swings qui fait un bon effort en menant à trois tours et deux tours puis descend en milieu de peloton ne met pas la puce à l'oreille des italiens. A 1,5 tours de l'arrivée trois taïwanais (Chine Taïpei) se portent en tête. Ont-ils flairé l'ouverture ou était-ce une tactique pré-établie ? A 1 tour ils mènent toujours, les belges et les italiens sont derrière.
A un demi-tour de l'arrivée ce sont les deux sprinters (courant de 200 m à 1000 m) colombiens Pedro Causil et Sebastian Arce qui passent en tête, mettant en évidence ce que confirmera le chrono à l'arrivée : une course peu rapide (1.15.58, au lieu par exemple de 1.08 à Cali en 2007 sous le déluge). Les taïwanais sont bien placés, les belges et les italiens sont derrière. Bart Swings est marqué de près !
Et lorsque le taïwanais Jen Tse surgit en tête à 300 m, quelques mètres devant le belge Wannes Van Praet (pour qui Bart Swings courait manifestement) puis Riccardo Bugari qui parvient à s'extraire du paquet, la délégation italienne juste à côté de moi dans la tribune de presse n'a qu'une question tournant en boucle : mais il est où Bart ?
Elton De Souza, qui a fait son effort bien avant la courbe d'entrée dans la ligne droite, y a été rattrapé par la masse du peloton et bloqué à la corde. Il se classe 23ème, Pierre Laurent est 41ème et Nolan Beddiaf 45ème.

Juniors filles : confirmation de Lee Seul et Mareike Thum

La coréenne Lee Seul, invaincue jusque là dans ce mondial puisqu'elle a remporté les deux courses qu'elle a disputées (10 km points route, 20 km élimination route) avec un record du monde en prime (20 km) confirme sa domination en remportant ce marathon. L'allemande Mareike Thum, toujours bien placée, est seconde et l'italienne Francesca Bettrone troisième.
Les françaises, en particulier Lucie Peruzzetto, se sont beaucoup montrées en début de course. Carine Talbourdet obtient une bonne 7ème place à l'arrivée, Lucie Peruzzetto est 20ème.
Si on a vu quelques patineuses tenter de sortir du peloton, notamment les chinoises, tout s'est joué au sprint dans une course peu rapide sur une route mouillée au début puis séchant progressivement.

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Photos : Michel Terrien
Mis en ligne  le 16 September 2008 - Lu 2924 fois


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