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Le 12 November 2007 à 00:00 | mise à jour le 18 February 2008 à 16:35

Interview : Anne-Sophie Petitprez

Interview : Anne-Sophie Petitprez

Anne-Sophie Petitprez aura été l’une des révélations de la catégorie Elite cette saison. La Bisontine est en effet parvenue à se hisser dans le haut des classements à la fois des courses traditionnelles (championne de France de Grand Fond 2007 et médaille d’argent du Contre-la-Montre) et de la French Inline Cup (deuxième du général final). Interview…

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« J’étais très motivée à l’idée de passer en Elite ! »

Anne-Sophie est une passe-partout de la glisse. Elle a fait du patinage artistique sur glace et du ski, ce qui explique en partie cette ascension.
Elle a débuté le roller de vitesse il y a six ans seulement, mais elle est déjà passée par plusieurs sites d’entraînements, dans l’Ouest et dans l’Est de la France.
Par ailleurs, elle n’est pas à proprement parler une novice des podiums puisqu’elle en avait déjà décroché quelques-uns, et pas parmi les moins prestigieux, dans la catégorie Nationale (médaille de bronze du CLM du Grand Fond dès 2003, championne de France du Grand Fond en 2006).
Dans cette interview, Anne-Sophie revient évidemment sur sa formidable saison 2007, une formidable saison qui n’aurait pas été possible sans le soutien de son club, l’ASEB.

Bonjour Anne-Sophie. Et tout d’abord, bravo pour cette belle saison 2007 sur les marathons de la French Inline Cup !

Merci. Je n’avais pas vraiment de repères par rapport au niveau des Elites en début de saison : je savais juste qu’il allait falloir aller plus vite… Du coup, je ne m’étais pas vraiment fixé d’objectifs pour cette saison, si ce n’est tenir le plus longtemps devant.
Comme je me suis rendue compte que l’entraînement hivernal avait payé, je me suis lancée sur le circuit de la French Inline Cup en participant à toutes les étapes. Je suis bien évidemment satisfaite de terminer deuxième du général pour ma première année en Elite, mais, malheureusement, la bataille est un peu faussée par le faible nombre de patineuses sur la ligne de départ…

Quelles auront été tes principales satisfactions ? Et tes principaux regrets ?

Je suis contente d’avoir enfin découvert la totalité des circuits de la FIC, et je remercie mon club qui m’a donné la chance de le faire ! La bonne ambiance qui règne autour du circuit entre clubs est aussi un élément de motivation.
Mon manque d’expérience en course m’a fait faire pas mal d’erreurs tactiques, mais visiblement, c’est comme ça qu’on apprend ! Donc j’espère que ça me servira pour l’année prochaine, car pour l’instant je n’ai aucune victoire au compteur sur la FIC.
Je suis un peu déçue de la fin de saison : dès le mois d’avril, étant en stage professionnel, je n’avais que très peu de temps à consacrer à l’entraînement et je n’ai pas toujours su bien le gérer. Du coup, j’ai beaucoup souffert sur les dernières courses. Le repos avant la reprise hivernale est donc le bienvenu !

C’est ta première saison de marathon dans les rangs des Elites. Qu’as-tu appris sur la catégorie ?

La principale leçon, c’est : « finies les courses au train, pour gagner faut attaquer ou contrer, pour l’instant ça n’a pas trop marché mais ça va venir… » Je sais que j’ai une marge de progression énorme en technique et en tactique, donc je suis plutôt confiante pour l’avenir, même si ça suppose pas mal d’investissement et de sacrifices.

Mais le tableau de ta saison 2007 ne serait pas complet si tu ne nous parlais pas des autres marathons que tu as couru…

La saison a été en effet bien chargée : en dehors des FIC et des championnats, j’ai participé aux courses organisées dans le cadre du challenge de l’Est, un bon moyen de faire vivre et découvrir le roller de vitesse dans notre région.
Et puis, c’était aussi l’occasion de se retrouver avec les patineurs locaux dans une bonne ambiance. J’encourage d’ailleurs les organisateurs à renouveler l’expérience. J’ai aussi découvert la Swiss Inline Cup et ses magnifiques circuits, où j’ai enfin participé à des sprints de peloton : même si je suis restée un peu en retrait des têtes de courses, c’étaient de belles expériences. Donc l’année prochaine, j’y retournerai, mais avec un peu plus d’ambitions, c’est certain !

…Et bien entendu de tes belles performances au championnat de France Grand Fond !

Le Grand Fond reste évidemment l’exploit de l’année et un super souvenir. J’arrivais complètement à l’aveugle dans cette catégorie et du coup je n’avais rien à perdre.
Ça m’a mise en confiance pour le reste de la saison, même si ensuite, il fallait confirmer et montrer que ce n’était pas qu’un coup de chance. Et il me tarde de défendre mon titre en mars prochain, même si je serai certainement plus surveillée…

Pour achever une telle saison, il faut certainement se préparer en conséquence, non ?

L’hiver dernier j’avais un emploi du temps assez léger, ce qui m’a permis d’avoir du temps pour m’entraîner. Ce que j’aime bien pendant la préparation hivernale, c’est de pouvoir alterner entre différents sports : d’avoir des frères cyclistes et skieurs de fond en locomotives ça aide aussi !
J’étais très motivée à l’idée de passer en Elite, du coup c’était assez facile, voire presque naturel, de me motiver tous les jours pour m’entraîner. J’ai pu m’entraîner une fois par semaine en salle et sinon, je planifiais chaque jour mes séances au feeling.

Question OVNI : comment as-tu atterris à l’ASEB ?

Alors là, c’est un peu compliqué… En effet, j’ai eu la chance de profiter du savoir-faire de la « vieille école de patinage de l’Ouest » en faisant mes débuts au club d’Angers, (pour l’anecdote ma deuxième course, c’était les Trois Pistes, après trois mois dans des patins de vitesse, mon pire et mon meilleur souvenir…).
Je suis ensuite partie en Autriche, où j’ai découvert la glace et fait mes premiers marathons en roller.
Puis, de retour en France, je suis passée par le club de Gap (j’y étais en stage pour mes études), pour aller ensuite à Chambéry et à Lyon… Et me voilà à Besançon, où je finis un Master d’Aménagement Européen en Environnement.

Ce club est tout jeune, mais plein d’énergie. Peux-tu nous parler de l’ambiance, des motivations de chacun ?

On a un dirigeant et un salarié très dynamiques, jamais en manque d’idées et qui s’investissent beaucoup afin de proposer toujours de nouvelles activités. Du coup, en à peine deux ans, le club a explosé en nombre d’adhérents et en notoriété.
L’aménagement des voies vertes a aussi permis de banaliser la pratique du roller en randonnée : personnellement, c’est la pratique du roller de vitesse que j’aimerais voir se développer. Beaucoup de randonneurs « sportifs » sont réticents à l’idée de franchir le pas vers la vitesse et la compétition et pourtant, le nombre de patineurs au départ des courses locales et la participation du Team ASEB sur la FIC montrent bien que ça n’est pas impossible.
J’espère que l’Est de la France va continuer dans cette dynamique, même si le travail d’organisation en amont est important. L’investissement de chaque club de la région est essentiel pour voir notre discipline se développer et un jour, peut-être, on aura aussi notre piste incurvée…

La face cachée d’Anne-Sophie Petitprez, ce sont aussi les différentes fonctions que tu as au sein de l’ASEB !

Le club a aussi mis l’accent sur la formation des plus jeunes. Le club propose donc une école de patinage pour tous mais aussi des entraînements plus orientés vers la vitesse. J’accompagne de temps en temps ce groupe sur les compétitions et je viens donner quelques conseils à leur entraînement ou je m’entraîne avec eux, ça les motive et ça me fait plaisir de partager ma passion.

Liens utiles

Site de l'ASEB
Journal de l’ASEBTexte : Vincent Esnault
Photos : Rollerenligne.com
Mis en ligne  le 12 November 2007 - Lu 4590 fois


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