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Le 10 September 2007 à 00:00 | mise à jour le 11 September 2007 à 01:33

Mondial de Cali : le bilan français

Mondial de Cali : le bilan français

Il fallait un peu de temps et de recul pour pouvoir effectuer un bilan des résultats français lors du championnat du Monde de vitesse qui a eu lieu en Colombie au mois d'août. Après un retour sur l'évolution des résultats, nous vous proposons de faire un bilan technique avec Serge Garderes, l'entraîneur national...

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Avec le recul nécessaire, que retenir de ce mondial ?

Pour ce qui concerne l’analyse technique, Serge Gardères, entraîneur national chargé des seniors hommes, a bien voulu dresser un bilan de leurs résultats, et nous indiquer les conclusions qu’il en tire en matière de préparation en vue de Gijon 2008.

Bilan de l'événement

En introduction, nous pouvons souligner que ce mondial a été réussi, ce fut un grand mondial par le nombre d’équipes engagées, la couverture médiatique et les 10.000 spectateurs payants chaque soir, même s’il fallait qu’un colombien soit en tête pour les entendre vraiment.
Mais nous devons noter aussi que le manque de rigueur de l’organisation se reflétait dans de nombreuses improvisations et bricolages : panne du chrono sur piste, écran géant pas digne de ce nom, et surtout aucun dispositif d’affichage en temps réel des positions et des temps (200 m et 300 m, résultats des séries, évolution des points dans les courses à points, résultats à l’arrivée) ce qui était un minimum pour un tel évènement. Nous pourrions attendre plus d’exigences de la part du Comité International Course.

Retour sur les résultats

Concernant les résultats, regardons rapidement l’évolution de la répartition globale des médailles depuis Ostende 2002.
Parmi le top 4 qui domine cette année, soit dans l’ordre la Colombie (39 médailles), la Corée du Sud (29), l’Italie (28) et les USA (17, mais 10 d’or), le seul changement est la Corée du Sud apparue à Abruzzo 2004 avec 11 médailles. Les USA ont légèrement régressé (d’autant plus que leur rang actuel tient à un seul patineur), les Italiens ont surmonté leur trou d’air d’Anyang 2006.
La France est dans le second paquet de nations, elle n’est rentrée qu’une fois dans le top 4 à Suzhou 2005 (brillamment avec 19 médailles). Comme la Nouvelle-Zélande, le Chili, l’Argentine,… les français sont toujours présents mais il faut soit un vivier suffisant constamment renouvelé soit un Mantia ou un Hedrick pour se maintenir dans le top 4.
Passons maintenant au plus intéressant, l’analyse technique de Serge Gardères...

Interview de Serge Gardères réalisée le 8 septembre

ReL : Bonjour Serge, pouvez-vous commencer par le bilan de l’équipe seniors hommes dont vous êtes chargé ?

Serge Gardères : "Je dirais qu’il est mitigé. Lors de ce championnat nous avons dû faire face à un changement de génération en se privant de l’expérience de coureurs comme Pascal Briand. Nous avons intégré deux jeunes pour le fond, Julien Sourisseau et Fabien Hascoët qui ont besoin encore d’acquérir de l’expérience dans les courses de ce niveau.
Pour le fond, sur les 4 courses (piste et route), Yann Guyader, outre son titre, a toujours été dans le top 4. En fond, c’est clairement le second au monde derrière Joey Mantia. Et je pense que sa grande qualité, qui est sa fougue, se retourne trop souvent contre lui et lui fait perdre quelques médailles. Il faut que nous arrivions à remonter une équipe de fondeurs, en qui notre leader aura totalement confiance pour gagner en sérénité et optimiser ses qualités.
Pour la vitesse, on notera l'entente parfaite du binôme Boucher/Despaux. Ce dernier, triple médaillé, est monté peu à peu lors de sa préparation pour arriver au top sur la piste du mondial.
Petite déception avec Thomas Boucher blessé sur route, sur qui j'avais misé quelques espoirs suite aux derniers championnats d'Europe.
Malgré tout Thomas joue le rôle parfait de capitaine au sein de notre équipe.
Constatation : Dans l'ensemble notre équipe a semblé un peu fébrile sur la route."

ReL : Qu’est-ce qui peut être amélioré dans la préparation ?

Serge Garderes : Je pense déjà depuis plusieurs années que notre problème actuel dans la programmation de notre préparation vient :
- D'un calendrier surchargé pour nos athlètes qui participent aux marathons.
- D'un manque d'épreuves de vitesse. Du coup, nos sprinteurs participent également aux marathons, il n'est à mon avis plus possible de faire à la fois une carrière en marathon et les courses de vitesse aux championnats du Monde.
Les gros entraînements pour le mondial doivent avoir lieu en juin. Je voudrais les faire travailler plus à cette époque, avec des stages plus durs et plus ciblés."

ReL : Que tirez-vous de l’observation des autres équipes ?

Serge Garderes : "Les coréens sont des gros bosseurs. On dit qu’ils sont supérieurs tactiquement sur piste, mais leur tactique est toujours la même. Il faut un excellent physique pour s’échapper comme cela sur piste, ne l’oublions pas. Et comme d’habitude ils ont été moins bons sur route.
Les italiens, après leur déconvenue en 2006 ont su tirer profit de leur échec pour rebondir et revenir dans les meilleures nations.
J’ai remarqué également que la Chine Taipei a certainement beaucoup travaillé les relais qui lui ont apporté deux titres. Pour revenir à nous, cette année nous n’avons pas été performants sur les relais. Nous les avons moins travaillés cette année, le mental et le physique n’étaient pas totalement au rendez-vous, mais nous retrouverons notre titre l’année prochaine !"

ReL : Sur quelles fondations va se bâtir Gijon 2008 ?

Serge Garderes : "D’abord, et c’est fondamental, nous conserverons la très bonne ambiance d’équipe chez les seniors hommes.
J'aimerais retrouver une équipe de France seniors hommes gonflée d'un effectif d'éléments motivés et homogènes prêts pour des Championnats du Monde afin de redevenir une grosse nation.
La proximité de Gijon en Espagne nous permettra certainement une meilleure préparation sur le terrain (stage et participation aux compétitions espagnoles).
Chez les seniors, contrairement aux juniors où il y a un très bon niveau européen, il y a un gros fossé entre l’Europe et le Monde. Les deux garçons qui épaulaient leur leader Yann ont pu le mesurer cette année, ce que j’attends d’eux c’est qu’ils rebondissent lorsque ça n’a pas marché.
Concrètement il n’est pas question pour moi que Gijon soit préparé en demi-teinte, nous préparerons le mondial 2008 à fond."

Liens utiles

Site de l'organisationTexte : Michel Terrien
Photos : Michel Terrien
Mis en ligne  le 10 September 2007 - Lu 2960 fois


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