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Le 22 December 2012 à 12:05 | mise à jour le 15 July 2013 à 16:19

Panorama du roller course et des circuits de vitesse dans le monde

Panorama du roller course et des circuits de vitesse dans le monde

Le panorama des circuits de vitesse à travers le monde est contrasté : la discipline reste derrière la porte des sports entrés aux J.O, les sponsors historiques réduisent leur investissement dans les équipes professionnelles. État des lieux...

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Un paysage en clair/obscur

Courte histoire de la vitesse en France

Marathon roller Cologne 2012La vitesse fut un des sports fondateurs de la F.P.R.F (Fédération des patineurs à roulettes de France). Née en 1910, elle organisa les premiers championnats de France au Palais des Sports la même année (Nieswizski, 1991). 3 spécialités existaient à l'époque :

  • Le rink-hockey
  • Les figures (patinage artistique)
  • La vitesse

A l'époque, les patineurs utilisaient des patins traditionnels. Les "quads" dominèrent jusqu'au milieu des années 90 où ils furent éclipsés par les patins à roues alignées. Depuis lors, le matériel a continué de se perfectionner.

Après un essor considérable dans les années 1990/2000, le roller de vitesse traverse une période tourmentée. Nous allons tenter dans cet article de faire le point sur l'évolution de la pratique à travers une analyse des circuits nationaux et internationaux, la structuration des équipes professionnelles et l'implication des sponsors...

Les circuits nationaux et internationaux

En parallèle, de nombreux pays ont vu leur circuit national se structurer :

  • La Swiss Inline Cup (Suisse)
  • La World Inline Cup (Monde)
  • La French Inline Cup et la Coupe de France des Marathons Roller (France=
  • La German Inline Cup (Allemagne)
  • L'Austrian Inline Cup (Autriche)

Et plus récemment :

  • l'Asianic Inline Cup (Asie)
  • La Nachwuchs Cup
  • La Ba-Wu Inline Cup
  • Le circuit NSC (National Speed-Skating Circuit aux USA)
  • La National Roller Cup (Amérique du Nord)
  • La Coupe d'Europe
  • Le Swiss Skate Tour

La Swiss Inline Cup : le premier circuit structuré

Swiss Inline Cup de Biel en 2005Dans un premier temps, le circuit historique des Marathons s'est mis en place en Europe. On a vu des courses nationales émerger en Suisse, en France puis en Allemagne.
En Suisse, c'est en 1994, sous l'impulsion de Coni Altherr que naît Iguana, la société qui organisera plus tard la Swiss Inline Cup. La première édition a vu 150 participants prendre le départ. Les années suivantes, le concept a explosé, atteignant les 10.000 participants en 1998. La même année, Iguana lance l'European Inline Cup.
La Swiss Inline Cup a été l'un des premiers circuits de marathon à se structurer avec des courses regroupant plusieurs milliers de patineurs au départ. En parallèle, venaient se greffer des démonstrations et des compétitions d'autres pratiques du roller.

En 2005, Coni Altherr a décidé que sa société et le marché du roller ont besoin de nouveaux propriétaires, capables d'offrir encore plus de croissance et de perspectives. En janvier 2006, une nouvelle holding est mise en place : Global Sports Group Ltd. (GSG). Elle acquiert Iguana dans sa totalité. On atteint alors un chiffre d'affaire de 3,6 millions de francs Suisses (environ 2,7 millions d'Euros). Tous les aspects de la Swiss Inline Cup sont alors gérés par cette société : des véhicules, aux tentes, etc.
L'utilisation de ces ressources ne s'est pas avérée optimale et trop focalisée sur la Suisse alors que cela devait permettre d'asseoir un leadership de la WIC au niveau mondial.
Swiss Inline Cup de Zug en 2005Ainsi, en 2007 et 2008, une restructuration majeure de la société a eu lieu. La première étape a été que la Fédération Suisse prenne en charge l'organisation de la Swiss Inline Cup. En janvier 2008, tous les événements et leurs aspects logistiques ont été sous-traités à une nouvelle société : Cate-e-Motion AG, dont Iguana détenait 30% des parts. Cate-e-Motion AG est devenu partenaire logistique d'Iguana à partir de la saison 2008 alors qu'Iguana réduisait ses activités à la gestion de la Swiss Inline Cup, à son marketing, aux ventes, et à la médiatisation de l'épreuve.
En août 2008, Cate-e-Motion AG a été sollicité pour devenir le promoteur de la SIC pour Iguana, opérant (exploitant) le tour suisse et les événements à leur propre risque et contre des honoraires annuels garantis, mais sous la propriété de marque/concept continue et la surveillance d'Iguana.
Le circuit Suisse, le plus structuré et le plus prospère en apparence, a connu un sérieux revers ces dernières années. On a constaté une forte diminution du nombre des participants, un désengagement des organisateurs, des difficultés financières.
Moribonde, la Suisse Inline Cup a disparu, entraînant probablement en partie avec elle la World Inline Cup dans sa chute. Rappelons ici que les deux circuits étaient organisés par la même société privée : Iguana.
Aujourd'hui, le circuit Suisse tente de retrouver un second souffle avec le Swiss Skate Tour poussé par Toni Fankhauser. Nous sommes encore loin de la période faste, mais le Swiss Skate Tour entamera sa seconde année en 2013.

La World Inline Cup : son âge d'or, sa déliquescence

Un départ de la World Inline CupLa World Inline Cup s'est d'ailleurs longtemps reposée sur le circuit helvétique pour se développer.
Le circuit mondial est né sous l'impulsion de la société Iguana en 2002. Le concept combine les patineurs de niveau mondial et les pratiquants loisirs dans un esprit de fête.
Si les premières étapes furent européennes, la montée du marché asiatique a amené à l'organisation d'événements en Corée et en Chine. L'Amérique du Sud a même vue des courses en Colombie et au Vénézuela.
En Europe, la République Tchèque et l'Espagne ont rejoint tardivement le mouvement. En 2005/2009, la WIC est enfin devenue ce qu'elle souhaitait être : une série d'événements roller d'envergure mondiale.

La France s'est également plutôt bien placée à cette période avec les grandes étapes de Rennes, Dijon et Nice. Les étapes tricolores faisaient parties des plus réputées, en particulier Rennes sur Roulettes qui fut la première étape française à intéger la WIC.

Quand le marché du roller course s'est un peu essoufflé en Europe, il a trouvé un second souffle en Asie au début des années 2000, plus particulièrement en Corée et en Chine. Mais aujourd'hui, force est de constater que la WIC a perdu son lustre d'antan, moins de course, moins de partenaires, des équipes professionnelles qui se réduisent à peau de chagrin.
On ne comptait pas moins d'une quinzaine de course voilà encore 4 ou 5 ans. En 2013, 8 dates sont prévues au calendrier, aucune en Suisse, aucune en Allemagne. La plupart sont localisées en Asie et en Europe de l'Est hormis les 2 étapes françaises.

Le circuit allemand se développe

Le peloton des femmes au marathon roller de Berlin 2012

Alors que les circuits alentours connaissent des situations contrastées, la German Inline Cup a connu une croissance régulière. Les épreuves allemandes comptent entre plusieurs centaines et plusieurs milliers de patineurs.

Pour exemple, Berlin dépasse les 6500 patineurs et Cologne arrive à 1800 inscrits. Chose surprenante, les deux plus grands marathons d'Europe ne sont même pas inscrits au calendrier de la World Inline Cup, preuve du mauvais état de santé de la World Inline Cup !

Les chiffres allemands

  • Berlin (roller, course à pied) : 6846 patineurs en 2012
  • Cologne : (roller, course à pied, handisport) : 1800 patineurs
  • Semi-Marathon Berlin Vattenfall (course à pied & roller) : 1922 patineurs en 2012
  • Mittelrhein Marathon Coblence (course à pied & roller) : environ 1200 patineurs
  • X-Race & Geisingen : environ 700 patineurs
  • Pas de données pour Francfort...

Le succès du circuit allemand semble reposer sur le fait que la plupart des épreuves sont combinées à des courses à pied. Le roller bénéficie de la logistique de la course à pied, que ce soit pour la communication, les médias ou le barnum déjà en place.

La France : des haut, des bas et une situation qui se stabilise

La carte de la French Inline Cup 2006En France, la vitesse a émergé assez tôt avec des épreuves comme Rennes sur Roulettes. Imaginez que 2012 a vu la 30ème édition, ce qui nous ramène à... 1982 ! Le premier marathon international a eu lieu en 1987.
Au début des années 90, un embryon de circuit est mis en place avec le France Tour de Loire. Les anciens se souviendront des articles narrant les exploits de Pascal Briand ou Arnaud Gicquel dans "Roller Saga".

En 2000, naît la French Inline Cup sous l'impulsion de la société Roller Service fondée par Arnaud Gicquel, champion du Monde français. Le circuit prend progressivement de l'ampleur avec un nombre de dates croissant.

En 2005, on comptait 13.565 patineurs cumulés pour 10 étapes dont 21% de femmes et 79% d'hommes.
La catégorie marathon se composait de 52% d'élites, de 40% de nationaux et de 8% de  juniors.
En open, les vétérans 1 représentaient 44% des patineurs, devant les seniors (42%) et les vétérans 2 (14%).

En 2006, on a même atteint le nombre de 12 étapes au calendrier, mais 11 ont vraiment eu lieu.
L'année suivante en 2007, 11 étapes également.
En 2008, nous sommes arrivés à 9 étapes.

En 2010, le calendrier a chuté a 6 courses. La French Inline Cup a fait place à la Coupe de France des Marathons Rollers mise en place sous l'égide du Comité Course.
La série française a pris son indépendance vis à vis des prestataires privés, des économies d'échelles ont pu être réalisées, notamment sur le chronométrage et en s'appuyant sur le travail des bénévoles.

En 2011 et 2012, cette autonomisation du circuit français lui a permis de fonctionner malgré une nombre de partenaires réduit. 2013 devrait se dérouler sous les mêmes auspices.

Les circuits américains

Le circuit NSC est une compétition indoor entre patineurs de haut niveau. Il relève davantage du spectacle. Cette formule privée a du potentiel pour séduire les médias et les annonceurs, mais n'a pas les mêmes finalités que les épreuves de masse. La NROC (National Roller Cup) se rapproche davantage des formules européennes, mais elle semble stagner.

Que faut-il retenir de toutes ces expériences à travers le monde ?

Tout d'abord que l'équilibre est fragile pour les organisateurs des Coupes nationales et internationales ! La Swiss Inline Cup avait emprunté une bonne voie en s'appuyant sur une organisation privée avec une culture de la communication et du marketing, mais il semblerait qu'une mauvaise gestion ait fait sombrer le navire.
D'autre part, la conjoncture économique n'a pas épargné les épreuves, la baisse des ventes de roller au niveau mondial a engendré le retrait des principaux partenaires. S'en est suivi le désengagement des marques historiques et de facto la diminution du nombre d'équipes. La Coupe du Monde survit encore mais semble condamnée à moyen terme, malgré une migration vers l'Est.
D'un point de vue strictement marketing, le roller a encore du mal à se vendre. De gros partenaires comme la marque automobile Kia, prêts à mettre beaucoup d'argent dans la balence, ont vite compris que les retombées médias étaient insuffisantes. Le cercle vertueux est difficile à mettre en marche ! Pas de médias, pas de sponsors, pas de sponsors pas de développement.
Le modèle le plus pérenne semble être une nouvelle fois l'exemple allemand, reposant sur une mutualisation avec des courses à pied, drainant ainsi les médias, les partenaires et les patineurs !

Liens utiles

Courte histoire de la World Inline Cup

Texte : Alexandre Chartier
Photos : Rollerenligne.com et droits réservés
Mis en ligne  le 22 December 2012 - Lu 5833 fois


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