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Le 19 May 2007 à 00:00 | mise à jour le 06 July 2007 à 07:38

Préparer les 24 heures du Mans en Solo

Préparer les 24 heures du Mans en Solo

Ils sont une soixantaine à s'élancer en solo sur le tracé du circuit Bugatti pour l'édition 2007 des 24 heures du Mans Roller. Leurs objectifs sont parfois très différents : certains cherchent la performance, d'autres sont simplement là pour s'amuser. Chacun souhaite avant tout aller au bout de l'épreuve. Voici quelques conseils pour réussir ce défi dans de bonnes conditions...

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Un exploit personnel qui se prépare...

D'année en année, le nombre de patineurs solo va croissant. On ne se lance pourtant pas à l'assaut du Bugatti en solitaire comme on pourrait le faire en équipe. Si un patineur peu entraîné parviendra généralement à boucler les 24 heures dans une formation de 10 patineurs, un effort de longue durée présente une difficulté souvent mal évaluée.
Il ne s'agira pas ici de proposer un plan d'entraînement, mais plutôt de donner quelques grands principes pour arriver le jour de l'épreuve dans les meilleures conditions.

Se fixer objectif réalisable

La première des conditions pour atteindre un objectif est qu'il soit réalisable. Si la chose a des airs de Lapalissade, elle doit pourtant être soulignée.
Il faut donc réussir à évaluer quelle performance l'on veut et l'on peut effectuer. Pour cela, on devra prendre en compte l'âge, le sexe, l'expérience, le niveau de performance, le volume d'entraînement hebdomadaire, et l'objectif que l'on souhaite atteindre. La technique n'est pas non plus à négliger. Le Mans permet à des patineurs de niveaux variables de se cotoyer. Il faut donc être sûr de ses capacités à descendre, tourner, freiner et maîtriser ses trajectoires.
Certains effectueront peut-être un test d'effort pour vraiment affiner la préparation. Cette approche rationnelle en dit long sur le niveau auquel on va pouvoir prétendre.
Un effort de 24 heures correspondra à une intensité moyenne. Les meilleurs patineurs pourront maintenir leur effort entre 70% et 80% de leur fréquence cardiaque maximale sur cette durée.
Le choix de la vitesse de départ est déterminant pour le bon déroulement de l’épreuve.
Ne négligez pas la côte ! Si passer une fois la côte du Dunlop est assez simple, la gravir 30, 50 ou plus de 100 fois revêt une tout autre dimension.

Une préparation planifiée dans le temps

La préparation d'une épreuve de 24 heures en solo ne peut se réaliser sur un coup de tête quelques semaines avant l'événement. La plupart des concurrents qui souhaitent réaliser une bonne performance prépare leur course d'une année sur l'autre.
Le volume et l'intensité des entraînements va aller croissante dans le temps. Le travail foncier est souvent réalisé en hiver. Comme on dit couramment, il faut "faire du volume", "bouffer des kilomètres".
Privilégiez les entraînements à base de fractionné (vite/lent/vite/lent/vite...) qui permettent de solliciter davantage l'organisme et rompent la monotonie.
Dans la même logique, diversifiez les pratiques sportives pour éviter l'ennui et les blessures : le vélo, la natation, ou la course à pied constituent d'excellents compléments pour réaliser une bonne préparation.
Progressivement, en arrivant vers l'échéance, rallongez les sorties. Passez de fractionnés courts à des fractionnés plus longs.
N'hésitez pas à participer à quelques épreuves de longue distance pour vous rôder et vous affûter : des raids de 70 ou 100 km, des marathons de la French Inline Cup, le Grand Fond...
Attention, il n'est pas cependant pas nécessaire, voire déconseillé, de partir 24 heures d'affilée à l'entraînement pour arriver fin prêt le jour J. Les coureurs de fond réalisent un nombre limité de marathons par an afin de ne pas être épuisés physiquement. Il en va de même en roller.
Astuce : Certains se préparent en allant au travail en roller (il faut pouvoir le faire).

Etre bien encadré

La plupart des solos ne sont pas seuls dans leur préparation. Nombre d'entre eux sont secondés par un ami, un parent, voire par un kinésithérapeute qui sera présent sur place le jour de l'événement pour prodiguer les soins nécessaires, anticiper les besoins et assurer l'intendance.
Pour ses 24 heures solo 2005, Pascal Fernandez (SKF) s'était entouré d'un kinésithérapeute/ostéopathe, d'un chronométreur et un entraîneur sportif. Il a réalisé 514,14 km à la moyenne de 21,37 km/h.

Quels patins choisir ?

Si quelques patineurs font le choix des patins de course sur mesure en carbone, cette option est loin d'être la panacée pour la plupart des candidats à la longue distance.
Depuis quelques années, les fabricants proposent des produits qui répondent parfaitement aux besoins des solos. On trouve maintenant des rollers de "vitness" avec une coque en matériaux composites, des roues de grand diamètre et des chaussons moelleux.
La star de ces dernières années reste sans aucun doute le M100 de Fila. Rollerblade proposait aussi le Lightning 10. Bont sort cette année l'Apache qui devrait aussi être performant sur ce genre d'épreuve.

Prévenir les blessures et la fatigue

L'épreuve du Mans démarre le samedi. Si vous venez de loin, il sera peut être préférable de vous épargner la fatigue du voyage en arrivant la veille de l'événement. Une bonne nuit à l'hôtel le vendredi soir sera salvatrice.
Une fois sur le circuit plusieurs problèmes peuvent survenir qu'ils faut donc limiter.
Réduire les frottements : on utilisera des baumes, des bandages de protections de type "élastoplaste" ou des secondes peaux.
Inéluctablement, les patineurs se lançant sur de longues distances se retrouvent confrontés à des douleurs de malléoles, des pieds qui gonflent, mais surtout aux ampoules. Il ne faut pas trop tarder à soigner ces bobos qui peuvent être causes d'abandon. Les secondes peaux représenteront une aide appréciable, ainsi que les produits limitant les frottements tels que la vaseline.
Boire régulièrement est un facteur limitant des blessures.
Le bitume du Mans est réputé pour ses coups de chaleur, n'oubliez pas la crème solaire et un couvre-chef pour limiter les effets de l'astre solaire. L'effort, combiné à la fatigue, à la chaleur et à la déshydratation peuvent avoir des effets sérieux sur l'organisme.
Rouler durant 24 heures ne signifie pas nécessairement rester en permanence debout sur les patins. La plupart des meilleurs patineurs s'octroie 15 à 20 minutes de pause toutes les 2 à 3 heures pour récupérer. Si votre corps vous demande du repos, ne le torturez pas. Arrêtez-vous quelques minutes pour vous détendre ou dormir, vous n'en repartirez que mieux.
Ce sera l'occasion de vous faire masser. Les muscles ont besoin d'être travaillés pour rester performants.

Un effort régulier et sans à-coups

La principale erreur commise par les patineurs qui s'engagent en solo est de se laisser aller à l'euphorie du départ. Souvent, pris par l'élan, le rythme des premières heures est généralement trop élevé. On a tendance à surestimer ses forces en se disant : "ça va bien pour l'instant, autant en profiter". Il faut savoir se raisonner !
Vous pouvez tenter d'établir un temps de référence lors de votre entraînement en trouvant un circuit de distance équivalente (4,435 km), et, si possible avec un relief proche de celui du circuit Bugatti.
Les plus équipés disposeront d'un GPS, les autres se contenteront d'une montre avec un chronomètre.

S'hydrater et s'alimenter régulièrement

Avant l'épreuve, le patineur doit avoir des réserves optimales de glycogène musculaire et hépatique. Les sucres lents sont donc préconisés les jours précédent l'effort (pâtes, riz, pain...). Le repas d`avant-course, sera prix 3 à 4 heures avant le départ. En cas de faim durant cette période, une bouche toutes les 20 minutes de barre de céréale ou autre produit énergétique peut être utile.
Durant l'effort, il faudra veiller à prévenir une hypoglycémie à l`effort. Elle survient quand le taux de sucre dans le sang descend trop. Le taux de glucose de sang doit être constant.
Durant les efforts intensifs le système digestif est nettement moins vascularisé qu'au repos, le sang affluant essentiellement vers les muscles. Du coup, la digestion des solides est plus lente. Ainsi, les boisson de l’effort peuvent s'avérer utiles (à condition d'avoir été testées auparavant et d'être bien tolérées).
L'hydratation revêt autant d'importance que l'alimentation. Une baisse de 2% de la masse corporelle liée à la perte d'eau entraîne une baisse de 20% des performances.

Ne pas oublier les pauses

Effectuer une pause ne signifie pas forcément perdre du temps. La récupération fait partie de l'entraînement, tout comme elle fait partie de l'effort.
N'hésitez pas à prendre régulièrement quelques minutes pour vous ravitailler, respirer, vous étirer voire dormir, même si vous ne vous n'en ressentez pas nécessairement le besoin les premières heures. Votre corps vous remerciera par la suite.

Trouver des compagnons de route

Le monde ne manque pas sur la piste du Mans, vous trouverez fréquemment une aspiration à prendre. Attention toutefois à ne pas trop vous éloigner de votre vitesse de référence pour vous caler dans l'aspiration d'un train qui passe.
La personne qui est devant vous n'a pas les mêmes objectifs et ne part certainement que pour un tour. Le mieux serait sans doute de trouver un autre solo avec qui faire la route. Si les deux patineurs ont le même objectif, ils peuvent aller très loin !

Et après ?

La récupération d'un effort de cette durée est très longue. Elle prend plusieurs mois. Certains patineurs ne se sont pas encore bien remis de leurs précédentes éditions. La moindre blessure ou la moindre douleur sera amplifiée par la durée de l'effort et les répétitions. N'hésitez pas à couper complètement le roller durant une semaine après le Mans. Si vous ressentez vraiment le besoin de rouler, limitez-vous à des effort très modérés, le temps que l'organisme récupère. Sachez aussi qu'une épreuve d'endurance se marie mal avec un entraînement de vitesse. Votre pointe s'en ressentira durant le reste de la saison. Il est difficile de concilier un objectif sur 24 heures et une saison de course à bon niveau.

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Mis en ligne  le 19 May 2007 - Lu 5320 fois


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