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Le 19 April 2007 à 00:00 | mise à jour le 19 April 2007 à 01:51

Extrême Défi Martinique : 72 heures sans dormir

Extrême Défi Martinique : 72 heures sans dormir

Dimanche 8 Avril 2007, 19h 44mn et 50s. Cela fait plus d'une heure que Ludovic Mary-Nicard fait le show pour remercier le public d'être venu l'encourager sur la ligne d'arrivée. Fatigué ? A voir ses chronos sur les derniers tours, on ne peut qu'en douter. 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… Ca y est cela fait 72 heures qu'il tourne en roller autour de cette piste de 260 mètres sans dormir ! Récit…

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Un record d’endurance sans dormir

Flash-back : le départ a donc eu lieu sur le stade de Bellevue en Martinique le jeudi 5 Avril à 19h45.
C'est la fête. Les enfants sont tous rollers aux pieds pour tourner avec Ludo… Certains seront encore sur la piste passé minuit ! Il va sans dire qu'un mec qui annonce qu'il va tourner pendant 72 heures créé une certaine émulation… Cela fait de belles pépites qui brillent dans les yeux de ces gamins qui eux, contrairement à certains adultes, n'ont jamais douté. On dirait que les adultes ont plus de mal à rêver, non ? Un certain nombre de dubitatifs pensaient que Ludo avait vu trop grand…

Préparation et première nuit sur les roulettes

La première nuit s'est passée sans soucis. On ressent la satisfaction d'avoir pris le départ.
Enfin un peu de repos ! Repos ? Oui ! Ces premières heures à rouler furent un vrai soulagement après l’agitation des derniers jours.
Il aura fallu attendre lundi pour recevoir les nouveaux patins : de beaux M100 rouge et noir. Cela valait le coup de les attendre. 4 jours avant le défi, ils n'étaient toujours pas là.
Ces premières heures en roller lui ont surtout permis de vérifier que ses cervicales allaient tenir. Ludovic s’est retrouvé le cou bloqué la veille du départ.
C'est dans ces moments où les galères s'accumulent, que les belles rencontres ont un goût de bénédiction. Un ostéopathe passionné remet les choses en place.
On prend le rythme de croisière : 3 heures à rouler, une demi-heure de pause : pause massage avec Pascal alias "Skippy le grangourou" et ravitaillement. D'aucuns tentent alors de se rassurer "ah bon… il a des pauses ! Il dort alors ? " et bien NON, on vous l'a dit il ne dort pas! C'est un peu le but du record puisqu'il veut faire 72h sans dormir !
Vous cherchez un moyen de promouvoir le roller dans votre région? Je vous donne un tuyau : faites 72h sur un piste, ça marche du tonnerre.
Tout le monde se prenait de l'envie de chausser. Skippy s'y est mis aussi, ce qui leur a valu une bonne crise de fou rire nocturne quand les autres prenaient un peu de repos hormis le compte-tours bien sûr… un compte-tours humain,enfin des comptes-tours humains qui se sont relayés.

Deuxième jour

L'aube arrive comme un soulagement. Avec elle, la pêche de Ludo nous ferait presque croire qu'il vient de commencer! Il est frais comme un gardon.
Cela fait pourtant déjà 12 heures qu'il roule. Les joggers matinaux l'accompagnent sur la piste. Avec la chaleur qui s'installe, dès 8h du matin commence le ballet de ravitaillement. Il devait avoir l'impression qu'on le prenait pour une oie : Il faut boire, boire, boire…. Au menu : Strive mélangé à de la protéine végétale, une bonne petite boisson gingembre noix de Cola, on le ménage pas.
Les vitamines et compléments alimentaires sont de mises : Vitamines C, A, B, ou encore E par petits comprimés à mâchouiller par poignée de 4 ou 5.

Premières douleurs

Au fur et à mesure que les heures passent, les chevilles prendraient bien un peu de repos. A chaque pause massage, Pascal fait des miracles et les soulagent pour quelques heures…
Petit à petit, le soulagement dure un peu moins longtemps. A la fin de chaque pause d'une demi-heure qui semble de plus en plus courte ! Il faut rechausser alors que les pieds font mal, que les malléoles font mal, que les genoux font mal, que le dos fait mal et se dire que c'est reparti pour trois heures avant la prochaine pause…
Les dernières heures de la nuit sont les plus éprouvantes pour les yeux. Ils obéissent de plus en plus difficilement à l'ordre qu'il leur est donné de rester ouverts.

Deuxième lever de soleil

Heureusement, le jour se lève tôt en Martinique et avec les premières lueurs le rythme biologique reprend ses droits. Le petit matin est synonyme de gros fous rires… Il y a du pétage de plombs dans l'air ! Et c'est contagieux. Il n'y a pas un membre du staff pour rattraper l'autre. Ludo est mort de rire sur la piste et nous on est morts de rire sur le bord de la piste… Personne pour filmer des moments comme ça au petit matin mais on les oubliera pas. C'est un partage fort et un concentré d'émotions qui permettent de commencer la journée en beauté.
Le temps aussi est au beau fixe, au très beau fixe même. Ça cogne dès le matin et ça ne s'arrêtera pas avant la tombée de la nuit. Alors, reprend la ronde des bouteilles d'eau à n'en plus finir, du Strive et autres protéines végétales. Les heures s'égrènent tranquillement avec un premier cap en vue, celui des 48 heures.

Tout dans la tête

Cette épreuve, c'est 80 % de mental, tout ce qui motive le moral est bon à prendre… un coup de fil de maman au bon moment, les gens qui passent en voiture près de la piste et qui klaxonnent pour vous encourager, le regard du staff qui croit en vous, le président du club de roller qui roulera quelques 6 heures au total à vos côtés et les gamins qui sont sur leurs rollers à toute heure.

Samedi soir : le cap des 48 heures est passé

Le défi s'annonce bien mais la nuit sera longue. Ludo se souvient à peine que cela fait deux jours qu'il tourne. Il ne reconnaît que vaguement le stade. Il a l'impression qu'il est à l'entraînement pour préparer son défi !
Pourquoi ont-ils construit ce pont sur le stade ? Pont qu'il est le seul à voir puisque seule sa casquette lui fait de l'ombre. Arrive de mauvaises surprises : quelques pertes d'équilibre et de lucidité, ainsi qu’une invitée dont on se serait passée : la crise d'hypoglycémie. Un check-up de tension est effectué pour se rassurer, on mange un peu de chocolat, de bonnes pâtes et le coup de mou n'est plus qu'un mauvais souvenir. Hein Rodrigue, c'est fou ce que ça peut faire du bien des pâtes et des œufs !
Il est presque minuit. Les spectateurs non plus ne sont pas partis se coucher. Une hola bien méritée est déclenchée à chaque passage sur la ligne. On sera là jusqu'au bout avec lui. Des amis et parfois des inconnus, à pied ou à roller, l'accompagnent sur la piste.

Le mauvais temps s’invite

La pluie, qui n'avait osé braver le soleil pendant la journée laissant Ludo rouler sous 30 à 35 degrés, est maintenant de la partie. Rien ne lui sera épargné !
Les chaussettes sèchent près du groupe électrogène ou à la chaleur d'un sèche-cheveux… ambiance camping !
Tout comme la veille, le levé du jour permet un ressourcement. Cela fait 60 heures que Ludovic roule et qu’il remet les patins après chaque pause. On dirait qu'il a des batteries auto-rechargeables ! A 5 heures du matin, il roule au pas et a l'impression qu'il n'a plus de jus. A peine une heure plus tard, il s'offre le luxe de piquer des pointes autour du stade !

Bientôt la fin !

Le temps est plus doux en ce dimanche matin. Le soleil nous donne un peu de répit. Ça commence à sentir bon la fête. Les médias font de petites interviews pendant la pause massage. Ludovic fait le show sur la piste pour la beauté des images.
Ces dernières heures de la journée sont plus festives. Ludo se rend dispo pour distribuer quelques conseils aux néophytes. Il a fait bon nombre d'émules pendant ce week-end : Ils ont été plus d'un à chausser pour la première fois, et ce, de 7 à 77 ans !
Malgré cela, le temps lui paraît long ; la fin est proche et pourtant si loin. L'excitation du succès commence à monter sans pour autant lui donner la possibilité de relâcher l'effort.

Dernière ligne droite

17h30 : bonne douche et dernière pause massage… ça fleure bon le succès !
Les gens commencent à arriver et le soir à tomber. Ludo va pouvoir profiter de sa piste ! Il prend son dernier départ accompagné d'une ribambelle de gamins…
Peu à peu, il commence à profiter de la fin toute proche, si proche maintenant. 71 heures qu'il roule, il serait légitime de le voir fatigué, un peu sur les rotules quoi… et bien non, l'adrénaline lui donne des ailes et il fait le show !
Le voilà à faire quelques tours de piste à toute allure avec son fiston, quelques notes soufflées dans un saxo pour le plus grand plaisir de ses proches, et de l'attention pour tous… pour tous ceux qui sont venus le soutenir, les enfants, les amis, ceux qu'on n'attendait pas ou qu'on ne connaissait pas et qui se sont relayés auprès du staff, les membres du Club et ceux qui sont loin mais qui pensent à lui…

Dimanche 8 Avril 2007, 19 h 44 mn et 50 s. 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… Ca y est Ludovic Mary-Nicard est recordman du monde d’endurance ! Cela fait 72 heures qu'il tourne en roller autour de cette piste de 260 mètres dont il a fait 2013 fois le tour soit 527 kms. 72 heures qu'il tourne sans dormir!

Quelques mots de Ludovic

" Pour la petite histoire ; je pense que je rééditerai ce défi l'année prochaine avec oiyr objectif : 96h, avec huissier. Mon fils, en tous cas, est resté 72h ainsi que bon nombre de gens connus ou anonymes. Pour cela, je me devais de le réaliser ! "

Remerciements : A tous mes sponsors car sans eux, les sportifs que nous somme ne pourrions pas réaliser ce genre de défi ! - BATA : Pascal Albert, Kalenbrun Christelle et tous les employés - Atlhete world, Gladys - Nutrilite: Négoti Paul Robert, Cassilde - Rodrigue, Di Cano Patrick, Chateau- Degas Patrice, Alix et Alain Honoré, Coralie Michele, Frich Marie Cécile et tous les autres - Planète Gym : Pascal Silvéri ( Mon masseur et ami, dit « Skippy le grand gourou ») - Smith Optics: Patrick Ozier Lafontaine - J Prod : Jacky ( Merci milles fois !!! ) et Stéphne le cadreur de l'extrême - Roller Club Martinique : Dominique Bruch,Véronique, Michèle, Pierre Marie teste, et tous les adhérents du club - Le Lycée Bellevue, Mr Pastel, Mme Badol - Mijéré Nestor, en voilà un qui aime le sport ( merci à toi de faire ce que tu dis ! ) - La ville de Fort de France - Le Conseil Régional de Martinique - Rumble, Cédric, Laurent et Sarah ! – Diffintel – Caïpo : Peritore Fabrice et bien évidement, mon Fils Dylan (la relève !) ma compagne et plus que ça Joyce litou, Michel Lechertier, Anne Marie desimpel, Matéo, Noham, Christine, Victoria, Cedra, La Mu, Monique et Henry…Texte : Jocelyne Litou
Photos : droits réservés
Mis en ligne  le 19 April 2007 - Lu 6851 fois


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