-
Le 06 April 2007 à 00:00 | mise à jour le 06 April 2007 à 13:46

Philippe Boulard : le vétéran inusable

Philippe Boulard : le vétéran inusable

Philippe Boulard est inusable. Les années passent et le vétéran sociétaire du Levallois Sporting Club semble toujours capable de tenir la dragée haute aux jeunes pousses montantes. Les habitués des Marathons ou des 24 heures du Mans roller connaissent bien la combinaison bleu du team. A Nîmes, après une échappée au long cours, c'est au sprint qu'il a terminé la course derrière Guyader, Boucher et Sourisseau. Nous l'avons rencontré pour en savoir plus sur sa longévité. Interview...

Mis en ligne par 

Entretien avec Philippe Boulard

Comment s'est déroulée la course de Nîmes ?

"Le départ s’est effectué sur un sol très humide, rendant les trois ronds points du circuit très périlleux à passer pour tous les patineurs, le plus difficile était celui du bout de la longue ligne droite. Nous avions le vent dans le dos et arrivions donc avec une grande vitesse.
De plus le sol était très gras et les marquages au sol assez nombreux. Ce fut donc un circuit très dur à patiner pour ceux qui n’aiment pas rouler par temps de pluie.
Avant le départ j’avais dit à Julien que très certainement Thomas Boucher tenterait quelque chose dès le début de course, car je sais qu’il part tout le temps vite lorsqu’il pleut ou que la chaussée est fortement trempée. Mes prévisions étaient les bonnes puisqu’à peine le premier rond point passé Thomas est parti tambour battant, ce qui a fait qu’il n’y a jamais eu de peloton conséquent à ce marathon.
Effectivement, au plus, nous avons dû être une dizaine de patineurs en tête pendant peu de temps. Pour ma part le départ a été assez difficile puisque les Powerslide attaquaient chacun leur tour, un moment je me suis retrouvé avec Ewen Fernandez pendant 2 ou trois tours échappé. Puis, huit coureurs sont ensuite revenus, pour que de nouveau la bonne échappée cette fois se fasse avec les quatre coureurs (Yann, Thomas, Julien Sourisseau et moi-même).
Nous sommes restés un certain moment entre vingt et trente secondes des poursuivants, mais comme les principales équipes de cette étape étaient représentées à l’avant cela nous a facilité les choses : Julien Levrard et Ewen Fernandez ne roulaient plus.
Pendant cette longue escapade l’entente entre les coureurs était bonne, chacun prenait son relais. Au début, Yann a eu plus de mal puisqu’il était tombé par deux fois avant de nous rejoindre dans l’échappée. Ensuite, pour moi, il n’était pas possible de tenter une échappée pour terminer seul car le circuit ne s’y prêtait pas et puis il y avait deux Powerslide avec nous.
Les trois ou quatre derniers tours se sont déroulés sur une chaussée qui commençait à sécher, rendant des appuis plus ou moins corrects. On a pu patiner plus proprement.
Pour l’emballage final, j’avais choisi de rester derrière Thomas connaissant ses talents de sprinter. Lorsqu’il a déboîté avant la montée du pont et qu’il a passé Julien et Yann j’ai été gêné par Julien qui n’a pas gardé sa trajectoire, mais bon, ce sont des choses qui s’expliquent lorsque nous sommes proches de l’arrivée…
Malgré des conditions pas très bonnes et quelques chutes de patineurs la course s’est bien déroulée dans l’ensemble. Bravo aux organisateurs et à leur système de navette pour venir prendre et ramener les coureurs à la gare SNCF de Nîmes.

Tu as vraiment une longévité exceptionnelle, comment expliques-tu cela ?

Tout d’abord je n’ai pas l’impression que cela soit vraiment exceptionnel, car il n’y a que dans le roller où l’on a une catégorie vétéran à partir de 35 ans. D’ailleurs, la fédération ferait bien de repousser la catégorie Vétéran à partir de 40 ans, à moins qu’elle ne veuille faire plaisir à certains patineurs. En fait il faudrait tout simplement poser la question aux membres du CNC qui pourraient certainement nous donner une explication sur la jeunesse de nos vétérans !
C’est vrai que cela fait maintenant une vingtaine d’années que je courre en senior. Nous sommes passés d’un sport confidentiel qu’était le patin à roulettes à un autre sport toujours aussi confidentiel qu’est le roller en ligne, cherchez l’erreur…
Mais bon, les deux m’ont apporté pas mal de satisfactions, le premier était effectivement basé sur des courses moins longues entre 5 km et 20 Km. Les longues distances en compétitions internationales étaient plutôt rares, ce qui m’amène à dire que l’on est certainement moins usé à faire des courses plus courtes et donc moins usantes pour l’organisme que des courses de deux ou trois heures. D’ailleurs je ne comprends pas que l’on projette de faire un championnat de France Marathon pour les Cadets ! Je ne suis passé que sur les grandes distances qu’à l’âge de 23 ans, vers 1992 début du roller en ligne.
Pour ce qui est de la longévité à proprement parler, je pense que la motivation, l’hygiène de vie et un bon entraînement participent à pouvoir garder un niveau correct. En effet, je ne pense plus progresser maintenant mais plutôt maintenir mes acquis.
Peut-être qu’il faut aussi s’interroger sur le niveau français du roller de vitesse par rapport aux autres pays comme l’Italie, la Colombie, Les USA, la Suisse mais aussi les pays asiatiques comme la Corée qui a très fortement progressé depuis trois quatre ans.

Quels sont tes objectifs ?

Maintenant je choisis plus spécifiquement mes objectifs, dont le grand Fond fait partie. Ensuite, j'apprécie les 24H du Mans puis quelques courses internationales aux Pays-Bas, aux Etats-Unis, et en Suisse éventuellement. Puis, je participe à certaines FIC, avec une pensée pour Arnaud qui se démène beaucoup pour ces courses, connaissant les difficultés que rencontre notre sport et cela même si je ne suis pas toujours d’accord avec certains points de la FIC.
Une des autres motivations c’est le club de Levallois. En effet nous ne sommes pas un team, donc nous n’avons pas d’impératifs par rapport à la FIC ou à la WIC et pouvons courir où bon nous semble, tout cela dans une très bonne ambiance.
Nous avons aussi le plaisir de courir avec mes coéquipiers, de se retrouver en course et de partager des supers moments aux 24H du Mans, aux 100 km de New-York 2006 entre autres, et enfin durant les stages de glace en Hollande. Je peux apporter à mes coéquipiers de petits conseils et donner mon point de vue sur telle ou telle chose.
Pour terminer, en terme de motivation il y a le goût de l’effort : aimer se faire mal et repousser ses limites. Lorsque les résultats suivent, ce n’est que du bonus, car je pense ne plus rien avoir à prouver à qui que ce soit, à part aux personnes que j’estime et qui me soutiennent depuis longtemps, je pense d’ailleurs qu’ils se reconnaîtront…
Les objectifs 2007 sont simples et sans pression pour tous, que le Levallois Sporting Club Roller se fasse plaisir quels que soient les résultats, et comme le dirait le président du Club Kéréda Messaoudi : « surtout revenez entiers et en bonne santé c’est le plus important pour moi… » .

Liens utiles

Présentation du team Levallois 2007 Merci à Philippe Boulard
Photos : Rollerenligne.com
Mis en ligne  le 06 April 2007 - Lu 4922 fois


Envie de nous rejoindre ? Contactez-nous !

PUB