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Le 30 March 2007 à 00:00 | mise à jour le 06 April 2011 à 09:17

Grand Fond 2007 : A travers les yeux des coureurs

Grand Fond 2007 : A travers les yeux des coureurs

Le Championnat de France de Grand-Fond s'est tenu le week-end dernier à Damgan. 453 concurrents se sont élancés sur le circuit urbain et côtier. Nous avons décidé de vous proposer, dans cet article, de revivre quelques courses à travers les yeux de différents protagonistes : Yann Dujarrier en catégorie National, Nathalie Barbotin en Elite femme, et Didier Chaplain en Vétéran. Récits de courses...

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Un cadre agréable et une bonne organisation

Le championnat de France se déroulait ce week end à Damgan dans le Morbihan. Organisé par le club local, le Gym Damgan Roller, ces deux jours de compétitions ont été une très belle réussite. 130 bénévoles ont été mobilisés sur l'événement. Les compétitions se sont parfaitement déroulées sur un circuit sec durant tout le week-end. Pour une première, les organisateurs peuvent être fiers d’eux…
La course se déroulait partiellement en ville, mais aussi en bord de mer. Le samedi, se sont tenus les contre-la-montre. Le dimanche, les épreuves de font ont pris place sur le programme avec des distances variant de 30 à 40 km pour les Elites et Nationales dames et de 70 et 50 km chez les Elites et juniors hommes.
La seconde journée a débuté par un temps gris pour les cadets. La course national est partie sous les nuages. Quelques gouttes sont même tombées durant le premier tour.

La course des élites hommes

Chez les hommes, Fabien Hascouet, 19 ans, l'emporte devant Julien Levrard, 20 ans (Levallois) et l'inusable Philippe Boulard (Levallois). Chez les dames, Nathalie Barbotin et Anne Sophie Petiprez sont devenues championnes de France.
La course des Elites hommes était la dernière du week-end. Le beau peloton réuni sur la ligne de départ, qui partait pour 70 km, s'est élancé sur un rythme très soutenu. En effet, lors des 3 premiers tours de course, Richard Deniaud (Team Hyères-Poli) accomplit un gros travail de sape, en multipliant les attaques.
A peine repris par le peloton, sous l'impulsion de Pascal Briand notamment, Deniaud renouvelait ses attaques. Passé ces premiers tours, le rythme va osciller entre très rapide et assez lent. Les patineurs s'observent beaucoup, retrouvant aux avant-postes toujours Briand, mais aussi Sourisseau (Coulaines - Sarthe.Loops Racing), les patineurs de Levallois ou encore de Hyères-Poli.
Par la suite, le fait marquant de la course sera la tentative d'échappée de Julien Levrard (Levallois), avec dans sa roue Babault. Pascal Briand est rentre sur eux avec le peloton. Ensuite, Adrien Despaux s’est échappe avec Philippe Boulard à plus de quatre tours de l’arrivée. Après deux tours d’échappée, Despaux craque. Quatre coureurs reviennent : Hascouet (Lamballe - Rollerblade World), de retour après son année d'arrêt (double fracture de la malléole), le local Tristan Loy, Sébastien Henry, l'expérimenté Philippe Boulard. Ces 4 hommes vont parvenir à revenir en un peu plus d'un tour sur l'homme de tête.
Le groupe prendra rapidement une avance confortable sur le peloton. A l'abord du dernier tour, on voit que le groupe de tête a fortement ralenti, les hommes préparant clairement l'arrivée. La surprise vient davantage de l'arrière, le peloton, emmené à rythme soutenu par Sourisseau, son équipier Duez (ALVA - Sarthe.Loops Racing), mais aussi Gauclin (ALVA ) semblent vouloir tenter de revenir sur les hommes de tête, mais très certainement trop tard tant l'avance est conséquente.
Pour l'arrivée, on voit bien 3 hommes débouler dans la dernière ligne droite, Levrard et Hascoet côte à côte. Le dernier mot ira au jeune Hascoet, qui marque très fortement son arrivée dans la catégorie, et signe ici le premier succès de la nouvelle "curiosité" MPC wheels, devant Julien Levrard, et, 3ème, Boulard, puis, légèrement distancés dans le sprint, Loy et Henry. Le "peloton", ou tout du moins ce qu'il en reste, tant le rythme du dernier tour aura été soutenu, pointe moins d'une minute après les hommes de tête, Gauclin et Sourisseau en tête.

La course Elite femme

Pour les Elite dames, le contre la montre avait lieu le samedi à partir de 10H27 sur une distance de 3 Km 200. Les concurrentes prennent le départ toutes les minutes. C’est Nathalie Barbotin (La beaumanoir Dinan) qui s’impose en 5’52 devant Anne-Sophie Petiprez (Besançon) en 5’59 et Ghizlane Samir (PUC) en 6’05.
Le dimanche en début d’après midi, a lieu le marathon. Après quelques kilomètres menés à bon train, Anne-Sophie Petiprez et Laetitia Lebihan allient leurs efforts pour fausser compagnie au peloton. Quand leur avance atteint une trentaine de secondes, le peloton finit par réagir. Il faudra un tour soit 5,8 km aux poursuivantes pour revoir les fuyardes qui s’entendaient très bien.
Après ce regroupement, quelques tentatives d’échappées auront encore lieu mais sans succès. A 3 km de l’arrivée, alors que tout le monde commençait à se regarder en vue du sprint, Anne-Sophie Petiprez se retrouve en tête du peloton avec quelques mètres d’avance.
Une fois de plus, personne ne veut faire l’effort de combler ces quelques mètres et très vite l’écart atteint plusieurs secondes. Elle passe la ligne en vainqueur 40 secondes avant le peloton, pour une très belle première victoire en Elite. A 400 m de l’arrivée, Nathalie Barbotin lance le sprint qu’elle remporte devant Justine Halbout.
Ce fut donc un très beau week-end pour Anne-Sophie, qui, la saison dernière, courait en nationale !

La course des juniors

Les juniors partaient pour 50km. La course s'est déroulée à un rythme globalement assez lent, surtout dans la seconde partie de la course, le peloton rencontrant peu d'entrain à imposer un rythme soutenu. Ce mal s'est ressenti dans plusieurs catégories durant le week-end, probablement à cause du parcours de ce championnat : les longues lignes droites, cumulées au vent, rendirent les athlètes observateurs.
On retrouvera surtout aux avant-postes les nouveaux venus dans la catégorie, Florian Cormier, Jean-Bernard Péridy (sélectionné aux championnats du monde jeunes 2006), mais aussi les juniors "confirmés" Lionel Kuhn (Rollerblade) et Maxime Bucher. Maxime Bucher (Château-Gontier - Sarthe - Loops Racing) à mi-course, tenta de se faire la malle, mais fut rapidement repris par un peloton emmené par Florian Cormier (Coulaines), qui avouera après course que c'était l'homme à ne surtout pas laisser partir seul. C'est avec un peloton relativement compact que l'on va se diriger vers un final au sprint, comme chez les Nationaux.
Parti d'assez loin, Péridy aborde l'arrivée en tête du peloton, et temporise un peu le rythme, afin de garder du mordant pour les derniers mètres. Bucher lui emboîte le pas, attendant le bon moment pour un démarrage, tandis que Cormier est dans la roue également. Péridy va hausser le rythme en se plaçant au milieu de la route, afin de fermer au mieux la porte à ses adversaires. Tandis que Cormier et Bucher tentent de passer à droite, Bourlier bondit à gauche, surprenant les 3 hommes, et prend la tête à 200 m de l'arrivée. Il ne pourra être rattrapé par ses adversaires, et c'est donc le patineur du LOU Roller qui empoche le titre, devant Péridy et Cormier, soufflant la 3ème place à Bucher sur la ligne.

Le grand fond de Cofi (Catégorie National)

Le depart est donné à l'heure comme pour les autres courses. Un vent de frayeur passe quand quelques gouttes d'eau tombent sur le circuit, mais ce n'est rien de grave puisque cela s'arrête avant la fin du premier tour. on roulera sur le sec et heureusement pour les parties techniques.
A l'entame du 2ème tour, Franck Schuffenecker sort seul pendant presque un tour. Il est ensuite rejoint par Thibaut DeJean et un troisieme homme de Gujan-Mestras. Ils parcoureront 3 tours ensemble jusqu'à ce que Thibaut soit pris de crampes. Il faut dire qu'ils ne prendront jamais plus de 100 m d'avance.
On passe le cap de la mi-course. Vient le début du round d'observation. Parmi les favoris, on sent bien que la course est électrique. Tout le monde est vigilant à la moindre attaque ou chute. Elles fuent nombreuses mais rarement dans les endroits les plus dangereux.
Souvent, on voit Franck Schuffenecker placer une accélération dans la chicane mais la grande ligne droite le long du bord de mer annule toutes les tentatives.
Les placements sont très importants à ce niveau car on est à moins de 10 km de l'arrivée. Il faut en permanence remonter pour ne pas se faire piéger.
En rentrant dans le dernier tour, le sprint est inévitable. On sent que le rythme est plus élevé, ce qui rend les tentatives d'anticipation du sprint impossible.
A plus de 400 m de la ligne, Yannick Meilladec lance les hostilités en surprenant tout le monde. Il plante 5 bons mètres au groupe. Mais ce fut trop long pour lui et à moins de 100 m de la ligne d'arrivée, les premiers le repasse pour declarer sur la ligne zocca thierry vainqueur. Ce fut une course très tactique et technique par son parcours.
Bravo aux organisateurs pour ce week end sans faille et merci à la météo d'être restée clémente.

Le point de vue de Didier Chaplain (Vétéran)

Participer au Championnat de France est toujours un événement important. De plus, quand le tracé se situe tout à fait au bord de la mer, cela n'enlève rien surtout aux gens de l'Est que nous sommes.
Pour ma 4ème participation à la grand messe nationale du fond, notre préparation cet hiver au RC3V aura été assez complète (je pense). J'aurai la réponse d'ici quelque minutes sur la ligne de départ.
La course est lancée. Je suis placé en milieu de peloton lors du départ. Il va donc falloir remonter une quarantaine de concurrents pour aller se placer devant et éviter de laisser partir les premières attaques.
J'arrive vers les premiers au bout de 2 km environ. Là, déjà, je m'aperçois que Jean-Marc Bigey de Rixheim est parti en échappée. Il a choisi de montrer la couleur, ça va attaquer du côté alsacien !
L'échappée dure deux tours soit 8,4 km et déjà on a bien roulé. Puis, une fois que tout le monde est regroupé, tous les prétendants au titre finissent leur remontée et se placent aux avant postes. Les choses sérieuses commencent et les accélérations se succèdent. Philippe Poirier est souvent en tête. Apparemment les autres ont décidé de le laisser travailler tout seul car ils refusent les relais.
Conformément à la tactique que nous avions mis en place, nous réussissons à placer nos trois meilleurs coureurs devant et nous essayerons, mes deux coéquipiers Frank Mougel et Luc Parmentier ainsi que moi-même, de participer au maximum et d'animer la course en profitant de notre nombre.
Nous ne sommes pas venus pour faire une course d'attente, et en restant devant nous pourrons nous placer dans les éventuelles échappées.
Ce sont d'ailleurs souvent les mêmes qui attaquent ou qui prennent les relais, et le moins que l'on puisse dire c'est qu'aujourd'hui Philippe Poirier a une grosse pancarte dans le dos : tout le monde ne surveille que lui, comme le lait sur le feu... Quand il attaque tout le monde s'anime et quand d'autres le font, ils attendent que ce soit lui qui ramènent le peloton.
C'est ce qui a d'ailleurs fait que, trois tour avant la fin, lorsque Jean Marc Bigey pose une accélération après avoir pas mal animé la course, Philippe ne réagit pas, soit pour forcer les autres à sortir soit pour laisser filer la course autrement.
L'avance de l'Alsacien augmente rapidement, toujours sans réaction et je glisse à Philippe qui était encore devant : "ne le laisse pas trop partir quand même c'est un bon rouleur, on ne le reverra plus...". Pas de réponse et là j'ai compris que l'opportunité pouvait sourire.
Je vois sortir, à peine plus tard, Fabrice Trousset qui lui aussi, tout comme mon club, avait bien travaillé devant. Je sors pour le rejoindre et je lui dis : "on y va, c'est la bonne".
Comme je l'espérais, le peloton toujours emmené par Philippe ne réagit pas et notre avance se développe assez vite, il reste 8 km, il faut maintenant jeter toutes nos forces dans les deux dernier tours.
Nous enchaînons les relais en nous remotivant mutuellement, les jambes commencent à tirer, je sens bien que je patine comme une patate mais pour le style on verra une autre fois, il faut avancer.
Dans les quatre derniers kilomètres, une crampe commence à venir au mollet, à chaque retour de pied, je sens qu'elle monte de plus en plus, je commence à flipper...
Si je dois m'arrêter à 500 mètres de la ligne alors que ça va le faire cette fois, je ne m'en remettrai pas.
Finalement, ça ira jusqu'au bout, mon coéquipier d'échappée sera plus fort que moi à la fin, je ne pourrai pas le rattraper, mais bon, une médaille de bronze, je n'osais pas trop y penser, alors ça me va, la joie est immense sur la ligne.
Aujourd'hui, il fallait être opportuniste et lire la course, je crois que c'est ce qui m'a permis de croire en mes chances.
Le résultat est d'autant plus satisfaisant que les "toujours un peu oubliés" clubs de l'Est ont brillé cette année : Rihxeim, Besançon, Strasbourg et enfin nous, ramenons des médailles. De plus, nous avons frôlé le podium en Elite avec la belle quatrième place de Sébastien Henry, ce qui aurait été formidable pour notre club de seulement deux ans d'existence.
Ce fut donc un bien beau week-end pour le RC3V qui nous laisse présager une belle saison 2007, rendez-vous sur les courses et amusez-vous tant que vous pouvez...

A côté de la course V1, les V2 !

Petite anecdotes sur la course vétéran Homme : Alors que les premiers étaient arrivés depuis 5 minutes, un patineur de Breuillet Jean-Marc GODENBERG a passé la ligne en hurlant. Tout le monde pensait qu’il était blessé. Et, non, il venait de réaliser qu’il était le 1er vétéran en catégorie V2 à passer la ligne. Si il n’est pas « médaillable » en tant que Champion de France officiel, sa victoire personnelle fut remarquée !

Résultats

Cadets
1. 01:16:45 LEPINE Brian
2. 01:16:46 DE SOUZA Elton
3. 01:16:46 TERRIEN Axel

Cadettes
1. 00:57:35 POUYDEBAT Juliette
2. 00:57:36 PERUZZETTO Lucie
3. 00:57:36 HALBOUT Clémence

Elites femmes (Marathon)
1. 01:18:04 PETITPREZ Anne Sophie
2. 01:18:45 BARBOTIN Nathalie
3. 01:18:45 HALBOUT Justine

Elites hommes (70 km)
1. 01:57:54 HASCOUET Fabien
2. 01:57:54 LEVRARD Julien
3. 01:57:54 BOULARD Philippe

Juniors
1. 01:38:57 BOURLIER Benjamin
2. 01:38:57 PERIDY Jean Bernard
3. 01:38:57 CORMIER Florian

Minimes filles
1. 00:47:19 MILHES Marine
2. 00:47:19 YANDA Clarisse
3. 00:47:19 POUYDEBAT Margot
Minimes filles
1. 00:42:34 DEMALLEVOUE Guillaume
2. 00:42:36 BELZANNE Antoine
3. 00:42:36 PIERRE JEAN Benjamin

Nationales Dames
1. 00:59:47 JEAN Caroline
2. 00:59:47 LUTTENBACHER Gaëlle
3. 00:59:47 LEBOEUF Cécilia

Nationaux Hommes
1. 01:33:35 ZOCCA Thierry
2. 01:33:35 TAVANT Bruno
3. 01:33:35 FLECHAIS Emmanuel

Vétérans Femmes
1. 00:48:22 GROSS Véronique
2. 00:48:23 POUJOL Nathalie
3. 00:48:23 ALVAREZ Marie

Vétérans hommes
1. 01:22:04 BIGEY Jean Marc
2. 01:22:22 TROUSSET Fabrice
3. 01:22:24 CHAPLAIN Didier

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Texte : Cofi, Didier Chaplain, Alfathor, Ludoloops
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Photos : Didier Chaplain, Roller91.fr,
Mis en ligne  le 30 March 2007 - Lu 5445 fois


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